De nombreux amis et anciens étudiants ont envoyé leurs témoignages, empreints d’estime, de reconnaissance et d’amitié envers Sœur Renée. Ce blog permettra à ses lecteurs de revivre des souvenirs, grâce à une anecdote, une photo, de se rappeler d'autres images qu'ils pourront nous envoyer, ou de contacter des anciens qui nous feront part, à leur tour, de souvenirs de Sœur Renée et du Foyer afin d'enrichir ce blog en continu...
1 / Amicia BADIA ALMADA
Ancienne élève du Lycée Saint Dominique, MONTEVIDEO, 10 Mars 19...
Ce matin, dans l'émission « En Direct », le correspondant parisien a parlé de Sœur Renée, que j'ai très bien connue. Bien avant de s'installer à Paris et d'aider les étudiants étrangers du Foyer International du 21, rue d'Assas, pour de nombreuses jeunes femmes de ma génération, et pour moi même, elle était tout simplement Sœur Renée, qui à l'école dominicaine traditionnelle de la rue Rivera, nous a enseigné les mathématiques (à vingt ans) et la cosmographie (à quarante ans).
Son dévouement indéfectible allait bien au-delà de ses fonctions d'enseignante, et a encouragé, depuis l'école, la naissance du Mouvement des Familles Chrétiennes et des groupes Pré-Nazareth pour les fiancés, pour ne citer que deux exemples. De plus, depuis les cercles restreints de l'Action Catholique -équivalents des groupes de réflexion d'aujourd'hui-, elle s'est efforcée de former et de développer le sens critique et social de ses élèves, en organisant des forums de cinéma, des forums de lecture et en nous mettant en contact avec des groupes comme les Castors d'Emmaüs.
Elle nous a également fait découvrir les paroles de ceux qui, comme le Père RAMELOT, O.P. -fondateur de la C.L.A.E.H.- allaient ouvrir la voie au renouveau de l'Église. Et tout cela se passait à la fin des années 40 et au début des années 50 ! En témoignage de gratitude envers celle qui a collaboré à ma formation intellectuelle et morale, et pour contribuer au portrait de Sœur Renée, qui ne serait pas complet sans son long séjour en Uruguay, je me permets de vous transmettre ces informations sur une religieuse aussi éminente.
2 / Cristina MANGARELLI
Nièce de Sœur Renée, MONTEVIDEO, 7 Avril 2026
J'ai grandi en sachant que j'avais une tante Dominicaine.
J'ai rencontré Sœur Renée lors d'un voyage à Montevideo pour rendre visite à notre famille. Mais c'est à travers les témoignages de personnes de tout âges, au fil des ans, que j'ai vraiment appris à la connaître, qui soulignaient son travail au Foyer International de l'Institut Catholique de Paris, avec gratitude et admiration. En 1969, j'accompagnais mon père (Emilio Mangarelli) à Paris, et avec Sœur Renée nous avons visité les châteaux de la Loire avec un groupe de jeunes étudiants du Foyer et quelques religieux. Un autre voyage nous a fait découvrir Chartres.
Là, j'ai été témoin de la camaraderie, de la bienveillance et de la bonne humeur qui régnaient entre tous, ainsi que du respect et de l'affection qu'ils portaient à Sœur Renée. Nous avons ensuite poursuivi notre route dans la voiture de Sœur Renée (qu'elle conduisait) pour un court séjour en Belgique et aux Pays-Bas.
Des années plus tard, en 1990, mon mari et moi lui avons rendu visite au Foyer International, et je l'ai retrouvée comme toujours : vive, joyeuse et pleine d'optimisme face à la vie et aux relations humaines, tout en accomplissant les multiples tâches qui, parmi tant d'autres, faisaient partie intégrante des activités quotidiennes du Foyer. Sœur Renée se distinguait par son dévouement envers les autres, sa compréhension et son ouverture d'esprit dans la résolution des conflits.
La lecture de certains articles parus dans les journaux après sa mort, relatant son travail auprès des personnes qui venaient au Foyer en quête non seulement de travail et de logement, mais aussi d'affection, m'a rappelé plusieurs hommages rendus à son père, Antonio MANGARELLI (mon grand-père), lors de son décès, dans la presse de l'époque, ainsi que l'hommage que lui ont rendu ses élèves, des années plus tard (auquel j'ai assisté) lors de l'inauguration d'une plaque commémorative dans la rue qui porte son nom à Colonia, où il avait été instituteur, professeur et directeur d'école et de lycée. Sœur Renée a certainement appris de son père, dans sa Colonia natale, l'importance du don de soi, le travail rigoureux et collaboratif qui transforme le monde, et la nécessité de subvenir aux besoins des plus démunis.
Cet hommage à Sœur Renée est amplement mérité. Il réunit ceux qui ont connu cette femme remarquable et unique afin de se souvenir des leçons et de l'affection reçues au fil des épreuves de la vie.
3 / Bernard PRUNET-FOCH
Aumônier du Foyer, lettre à Pablo BUSANELLO, neveu de Sr Renée, PARIS (France), Mars 1992
Cher Pablo, Merci beaucoup pour ton fax. Je l'ai reçu à 16 heures. Je t’ai répondu ce soir ; il est 10 h 30. Ne t’excuse pas de ta réaction, tu sais que je l'ai très bien comprise. Je ne savais pas non plus quoi te dire, car tu sais que j'aimais beaucoup Sœur Renée et toi aussi. C'était très difficile de parler.
Nous avons dîné ensemble au Foyer comme tous les mercredis. Tout s'était très bien passé. Nous avons parlé de toi. J'étais très heureux que tu poursuives tes études. Nous avons aussi parlé des vacances et de tout…Enfin, un dîner très agréable. Elle se sentait beaucoup mieux depuis environ trois semaines. Après le dîner, je l'ai raccompagnée chez elle ; la descente des escaliers s'est bien passée. Tout était rentré dans l'ordre. Curieusement elle n'avait pas communié le matin, aussi le soir, je lui ai donné la communion et la bénédiction, et je suis parti assez calmement.
4 / Philippe AMSLER
Vice Président des Anciens de l'Institut Catholique, lettre aux Sœurs Dominicaines d'Albi, PARIS (France), 17 Mars 1992
Ma Sœur, J’ai appris la triste nouvelle du rappel à Dieu de Sœur RENEE MANGARELLI. J’en suis très affligé, car je rencontrais chaque semaine au moins Sœur Renée qui, très aimablement, mettait son Foyer International à la disposition des rencontres, conversations amicales en langue française de nombreuses heures chaque fois que je ne disposais pas d’autres locaux. Son accueil, son amabilité, son dévouement, son souci de communication, sa sérénité m’ont toujours beaucoup touché, et sa disparition laisse un grand vide pour de nombreuses personnes dont je suis. Sa santé l’a bien gênée depuis longtemps, sans qu’elle en fasse souffrir d’autres. J’avais pour elle une très respectueuse amitié.
Je pense que le Seigneur a dû l’accueillir sans attendre, comme elle le faisait pour ses visiteurs. Veuillez croire à l’assurance de ma déférente considération.
5 / Luis FERRERAS
Ancien étudiant espagnol à la Catho, témoignage repris dans "Le Petit Monde", PARIS (France), 1964
Madame Danielle et Alfredo RIBOIRA, quand vous m'avez annoncé la nouvelle de la mort de notre chère Sœur Renée, cela m'a profondément déprimée. Notre sœur sera désormais dans un meilleur endroit d'où elle nous aidera et nous éclairera pour marcher avec cette grande générosité d'esprit, comme elle l'a toujours fait avec tout le monde, peu importe qui.
7 / Sœur Columba DOXANDABARAT
Sœur Dominicaine, BUENOS AIRES (Argentine), Juin 1995
A tous ceux du Foyer, les anciens et les nouveaux, quelques traits de Sœur Renée. Je l’ai connue en 1947, étant élève à Buenos Aires. Comment ?
De l’Uruguay elle avait envoyé une de ses élèves du collège de Montevideo pour faire déjà des amitiés hors Pays ! Sa vocation internationale commençait ! Je l’ai revue en 1949. Elle était la grande sœur qui nous soignait (elle était infirmière) avec attention. Même recevoir des piqûres devenait agréable, cela nous valait une petite causerie avec quelqu'un de très ouvert. Finalement, mon arrivée en France… J’ai connu l’Abbé PRUNET-FOCH qu’elle aimait tant, Danielle AMIOT… plus tard Alfredo RIBOIRA, Marianne, Véronique, et tant d’autres… Elle aimait me raconter vos vies, vos sorties avec elle, comme une mère aime se raconter… La dernière année fut plus dure pour elle, à cause de l’âge et de la maladie. Nous partagions le déjeuner du dimanche, et ce partage se prolongeait jusqu’à 16 h ou 17 h, heure à laquelle quelqu’un prenait la relève. Avant, vers 14 h ou 15 h, c’était le départ des plus jeunes, Sonyong, Sonian, Colette, Thomas, ou avant, Petra…, etc : tous les pays défilaient devant moi ! Avec cette maîtresse femme j’ai appris à vous aimer tous, à connaître même vos goûts pour les repas, vos joies et vos peines. Et c’est ainsi que, d’une certaine manière, ma prière vous a suivis.
A travers Sœur Renée, je vous dis toute mon amitié et mon souvenir.
8 / Sœur Geneviève DE SAINT ANDRE
Sœur Dominicaine, ancienne étudiante française à la Catho, ALBI (France), 11 Décembre 2024
J'ai assez bien connu Sœur Renée, me trouvant à Paris entre octobre 68 et octobre 79. Sr Renée faisait partie de ma Communauté, bien que ne vivant pas avec nous. Elle habitait à part, près de l'Institut Catholique, mais tous les dimanches, nous déjeunions ensemble. Par ailleurs, moi-même j’ai fréquenté l'Institut Catholique pendant 3 ans, suivant les cours de ISPC (Institut Supérieur de Pastorale Catéchétique). J'allais souvent la visiter dans son espace d'accueil et voyait toutes les améliorations qu'elle y apportait pour le rendre toujours plus chaleureux. J'aimais beaucoup Sr Renée, son sens de l'accueil, son ouverture, sa cohérence, car elle vivait assez pauvrement. Les étrangers étaient pour elle sa priorité absolue. Elle était drôle aussi et souvent nous faisait bien rire par ses propos chargés d'humour. Je n'étais malheureusement pas là lorsqu'elle nous a quittées, je me trouvais en Amérique latine, au Pérou où j'ai résidé 35 ans. Voilà ce que je peux vous dire concernant Sr Renée.
9 / Alfredo BENIA
Ancien étudiant uruguayen à la Catho, PUNTA DEL ESTE, Février 2025
En février 1960, bénéficiant d'une bourse accordée à mon père par le gouvernement français, mon père et ma mère partirent pour Paris pour six mois. À Paris, mes parents avaient une merveilleuse amie, Sœur Renée, avec qui ils étaient en contact depuis des années. Sœur Renée s'intéressait également au cinéma.
Le premier signe d'amitié fut de la trouver en train de nous attendre à l'aéroport tard le soir. Elle nous accompagna à l'hôtel Saint-Michel, 19 rue Cujas, où tous les Uruguayens arrivaient. Au moment de nous dire au revoir, elle nous invita à nous retrouver le lendemain au Foyer International de la Catho.
Autour d'un café, elle se tourna vers moi et me dit : « J'ai déjà plusieurs choses pour toi ; je t'ai inscrit aux cours de français (En terminale, j'ai passé des examens d'histoire de l'art, d'histoire de Paris, de littérature française et d'autres matières.) Pour le déjeuner, tu as des tickets restaurant au restaurant étudiant Mabillon et à l'Israélite. De plus, pour t'aider à gagner un peu d'argent, le Service Social de la Catho propose divers petits boulots à court terme, et si tu veux, tu peux commencer dès demain à coller des affiches dans les magasins.» « Mais je viens de passer mon examen de français, et je ne parle pas un mot de français, je le comprends à peine!» « Ne t'inquiète pas, je vais écrire ce que tu as à dire sur un morceau de papier, et tout ira bien.»
Et elle a écrit : « Est-ce que tu me permettrais de coller des affiches ?» Avec ce morceau de papier, des affiches et du scotch je suis parti explorer Paris à fond.
Entre autres emplois, je suis devenu juge à l'arrivée pour une course automobile et j'ai gardé des enfants la nuit (ce qui impliquait d'aller dans des foyers); ils dormaient déjà, ils étaient très jeunes. Les parents me payaient le tarif convenu avec les services sociaux, et cela durait jusqu'à minuit. Après cela, il n'y avait plus de transport, et ils devaient payer mon taxi).
Une anecdote sur la vie de Sœur Renée : un soir, nous marchions sur le quai de la Seine, dans un silence absolu, et nous avons entendu des voix. Sœur Renée a regardé par-dessus la rambarde et a vu un couple très amoureux, et j'ai entendu la voix de la jeune fille dire : « Euh, Sœur Renée!» Très cool, elle m'a dit : « Alfredito (elle m'appelait toujours Alfredito), moi aussi j'ai eu 16 ans, ils n'ont pas où aller.»
À cette époque, le Concile Vatican II, annoncé par le pape Jean XXIII en janvier 1959, approchait. Les changements étaient déjà à l'essai, et l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés avait obtenu l'autorisation de célébrer la messe en langue locale, le prêtre faisant face aux fidèles. Sœur Renée, toujours à l'avant-garde de la rénovation de l'Eglise, nous emmena à la messe de 9 heures et, avant cela, dit à mon père : « Écoute, Alfredo, après cette messe, c'est le rituel d'aller prendre le petit-déjeuner au bar d'en face, un café au lait avec un croissant.» Elle aimait aussi les sucreries.
Pour revenir au Foyer International, il était situé dans une sorte de sous-sol de l'Université. Là, elle avait un bureau où elle était toujours disponible pour servir quiconque se présentait. Autour d'elle, des jeunes s'activaient, discutant entre eux ou s'asseyaient autour de son bureau, partageant une confidence. Sœur Renée nous écoutait et nous aidait tous. Ils allaient au Foyer entre les cours, ou s'ils n'avaient rien à faire, pour prendre un café.
Je les ai rencontrés et j'ai correspondu pendant quelques années : des jeunes des Pays-Bas, d'Allemagne, de Belgique, d'Italie, d'Espagne, d'Autriche. C'étaient les plus nombreux, ainsi que quelques Latino-Américains, surtout des Chiliens, et des étudiants, dont beaucoup étaient des séminaristes. De fil en aiguille, avec deux de ces séminaristes, des Néerlandais qui jouaient de la guitare et chantaient très bien, nous sortions le soir et fréquentions les bars et les cafés. Ils chantaient et je leur passais le chapeau. Tout ce que nous recevions était déposé au Foyer.
Au bout de quelques jours, Sœur Renée nous avait trouvé un appartement sur la Seine, au 41, quai des Grands Augustins, non directement sur la Seine, mais à l'arrière de l'immeuble.
Évidemment, j'avais le concierge typique de l'époque, complètement miteux, sale et intraitable, comme dans un roman de Georges Simenon. Lorsque nous avons quitté Paris en août de cette année-là, nous avons laissé le « PALACE », comme ils l'appelaient, à trois jeunes Uruguayennes dont les parents étaient des amis proches des miens, membres du mouvement familial chrétien. Lors d'un de ces voyages (le dernier organisé par le Père PEYRONET), elles sont venues et y ont séjourné.
En plus d'elles, une autre jeune fille était du voyage avec le Père PEYRONET. Avec les séminaristes hollandais, nous avons joué un match de football avec une canette de bière à minuit, sur l'esplanade de l'église Saint-Sulpice, et rien ne c'est passé!
Pendant la Semaine Sainte, mon père voulait aller à Séville, mais Sœur Renée l'a convaincu que c'était pour le tourisme et que nous devions célébrer une Semaine Sainte. C'est dans cet esprit que j'ai passé l'une des nuits les plus inoubliables de ma vie : elle m'a organisé une nuit au monastère de Solesmes, l'une des célèbres abbayes bénédictines. Après les offices religieux, nous sommes allées dîner (j'étais seul au couvent, mes parents étant partis) dans la salle à manger, où se trouvaient plus de 40 religieuses.
Tout était silencieux. L'une d'elles, sur un pupitre, lisait un texte sur les gratuités de cette Semaine Sainte. Je me souviens, ou vous vous en souvenez peut-être, que les Bénédictines étaient contemplatives à cette époque, complètement cloîtrées.
Mais le plus impressionnant pour moi, c'est que le soir, j'ai dormi dans une cellule comme celles de tout le monde. Cette cellule avait une toute petite fenêtre, et du côté où j'étais, on pouvait voir la lune, complètement masquée par une couleur rouge sang, sur ce que je me souviens avoir été les marécages de Solesmes. Aujourd'hui, une de mes sœurs est Bénédictine et vit au Chili.
Ce n'est pas la seule expérience religieuse que j'ai vécue encouragée par Sœur Renée. Une autre expérience sensationnelle a été le pèlerinage de LONGPONT. Un pèlerinage à pied, partageant le thème de la prière avec plus de 80 jeunes, à travers la campagne. Je me souviens qu'à un moment donné, il devait y avoir un grand aéroport à proximité. Un de ces magnifiques avions supersoniques Concorde a décollé tout près de nous ; c'était impressionnant.
Pour le pèlerinage, les étudiants portaient une casquette appelée faluche (photo), sur laquelle ils ajoutaient divers éléments indiquant leur pays d'origine, leur cursus, le drapeau français, etc. Je la garde précieusement. Nous avons tout organisé avec elle.
Dans son travail social, Sœur Renée a connu de nombreuses déceptions. On lui avait prêté une petite maison très modeste en banlieue parisienne. Elle la prêtait à ceux qui arrivaient désespérément sans argent ni toit pendant quelques jours. D'autres arrivaient ensuite, mais il s'est avéré qu'un Espagnol avait pris possession de la maison et ne voulait pas la rendre ; un squatteur moderne. Naturellement, il était très facile de s'en prendre à une religieuse en refusant de quitter la maison. Sœur Renée a demandé à mon père s'il voulait bien l'accompagner, et nous y sommes allés tous les trois. Je me souviens que mon père a été très dur avec lui et, bien que je ne m'en souviens plus exactement, je crois qu'il a quitté la maison quelques jours plus tard.
Pour terminer mon parcours avec Sœur Renée, à la Catho, dans une salle impressionnante, nous avons reçu nos diplômes. D'après une lettre que j'ai, j'étais reçu. D'après Sœur Renée, c'était une très bonne note, car beaucoup avaient échoué. Elle raconte qu'un prêtre chilien, PEROSSI, qui faisait rire tout le monde où qu'il soit, avait échoué et était profondément bouleversé. Dans cette lettre, Sœur Renée m'écrivait combien je devais être fier de ce diplôme et que je devais l'encadrer. Le diplôme lui-même était censé être encadré, mais mon nom, la date et d'autres informations étaient horriblement manuscrits, comme si je l'avais fait moi-même. J'ai le diplôme, non encadré, mais plié en quatre. C'était le seul point sur lequel Sœur Renée et moi n'étions pas d'accord. En vérité, je reconnaîtrai toujours que, grâce à elle, à seize ans, j'ai commencé une nouvelle vie.
10 / Marie Jeanne VAN DER STICHELE DEHAENE
Ancienne étudiante belge à la Catho, KOKSIJDE (Belgique), Janvier 2026
Je suis Marie-Jeanne (87 ans), ancienne participante du Foyer International. Je suis veuve depuis 2006 et je n'habite plus à Saint-Nicolas. Cette ville est située près d'Anvers. Je vis maintenant au bord de la mer du Nord, en Flandre Occidentale. J'ai étudié à Paris de 1956 à 1957 et j'ai eu la chance de rencontrer Sœur Renée. Elle reste une personne extraordinaire. Les beaux souvenirs d'elle sont gravés dans mon cœur. Elle restera toujours proche de moi. Je suis très heureuse et enthousiaste que vous écriviez un livre à sa mémoire. Suis-je trop en retard pour contribuer à ce projet ?
Sœur Renée passait souvent ses vacances avec nous. Nous avions un grand jardin (7 hectares) près de Saint-Nicolas où elle se sentait très heureuse et libre, où elle aimait beaucoup passer ses vacances. Ses idées personnelles, sa force, son courage, sa personnalité Latino-Américaine ont fort inspiré ma vie.
(...) Oui, en tant que jeune fille d'Ypres en Flandre (Belgique), mes parents m’ont permis de faire une année d'études à l'Institut Catholique de Paris. C'était les années 1956 - 1957. J'ai eu le privilège de rencontrer Sœur Renée, tout au début de son arrivée en France, de sa tâche et de sa nomination à la Catho. Le Foyer, rue d'Assas, était très vite un lieu d'accueil enchanteur pour beaucoup d'étudiants étrangers de la Catho.
Sans aucun doute, Sœur Renée a formé ma vie. Son aide morale, ses conseils et bien des conversations, son exemple dans la foi, toute la valeur de sa personnalité m'ont stimulée à réaliser une vie forte, équilibrée et très courageuse. Sœur Renée reste toujours dans ma mémoire d'immense admiration et d’amour ! Merci, Sœur Renée.
(...) Il y aura, en ce 29 janvier, dix ans que ma fille Carmen mourait à 55 ans d’un cancer du pancréas. Elle était mon aînée ! Elle adorait Sr Renée et avait des contacts avec elle. Je garde une boîte remplie de photos ! Peut-être que j’en trouverai.
Je me rappelle que Sr. Renée me disait un jour : « Oh, Marie -Jeanne, je me sens tellement plus confortable, habillée en civil comme tout le monde. » Après le décès de ma mère, même taille que Sr Renée, elle accepta trois ensembles en tricot Jacquard (avec des motifs), chauds à porter pour sa garde-robe. Pendant la maladie de ma mère, elle est venue spécialement de Paris pour la soutenir. Ma maman a eu beaucoup de soulagement et d'acceptation de sa maladie de cancer après la visite de Sr Renée. Je ne sais comment Sr Renée exprimait son "Trost” (*sa confiance), ses paroles consolantes, mais, sûr que PERSONNE ne pouvait le faire mieux qu'elle.
La richesse de sa vie de foi, son tact, son intelligence en étaient le secret.
11 / Paul VETTIGER
Ancien étudiant suisse à la Catho, LUCERNE (Suisse), Mai 2025
Ah, un candidat idéal pour le Cercle Biblique! Je ne savais pas ce qui m'arriverait. Finalement, je me suis engagé pour quatre ans (!) dans cette petite salle obscure où nous partagions un message biblique tous les lundis de 13 à 14h. Mais ces lieux pauvres et sans soleil sont parfois des occasions secrètes de se plonger dans des aventures : découvrir des vérités existentielles, des amitiés, l'amour, la solidarité, préparer le pèlerinage à Chartres…
Au commencement, il y avait un prêtre suisse, Guido KREINBUHL, qui nous accompagnait avec affection et un savoir précieux. Je me souviens de quelques noms du groupe : Chantal, Anne, Pierre, Nicola, Gérard… tous sont restés amis longtemps.
Un jour, ce prêtre suisse nous a laissés orphelins, et grâce à Dieu, nous avons trouvé des voies passionnantes pour continuer à lire la Bible. Sœur Renée nous a généreusement permis de travailler en toute liberté. Et le regard vigilant de Rome était loin. La richesse de l’interprétation de la Parole de Dieu est restée variée et, parfois, très audacieuse. Mais je n’oublierai jamais ces moments merveilleux au Cercle Biblique auxquels Sœur Renée nous a invités.
Sœur Renée nous a tirés d’affaire. Elle nous a invités à suivre un cours de danse au Foyer International, une professeure de danse talentueuse, une belle Zurichoise. À trois reprises environ, nous nous sommes retrouvés très tôt au Foyer, sans oublier de fermer les portes. Nous avons déployé de grands efforts, non pas pour maîtriser l'art de la danse, mais plutôt pour gagner l'amour de cette belle jeune fille. Finalement, nous avons très bien dansé avec nos sœurs lors des mariages. Mais notre histoire d'amour a pris fin, et les deux élèves de la belle jeune fille se sont préparés à la prêtrise…
12 / Arthur HAESCHLER
Ancien étudiant suisse à la Catho, WETZIKON (Suisse), Février 2025
Lorsque j'ai quitté mes parents à Saint-Gall par un lundi matin nuageux, à l'âge de 19 ans, je ne savais pas où j'allais dormir la nuit suivante. Mes parents avaient certainement une grande confiance en leur fils et étaient convaincus que tout se passerait bien. Tout ce que j'avais, par l'intermédiaire d'un ami de la fraternité, c'était l'adresse de Sœur Renée à l'Université Catholique, la « Catho ».
De la gare de l'Est, je suis allé directement la voir, je me suis présenté et je me suis tout de suite senti comme chez moi dans son foyer. Elle était assise dans un coin, dans son grand fauteuil, discutant avec cinq personnes à la fois. Elle m'a accueillie avec un grand sourire et les bras ouverts et… elle m'a tout de suite appelée son « Petit Suisse » – comme elle appelait probablement tous les étudiants suisses…
Et elle m'a tout de suite donné un petit bout de papier avec l'adresse d'une chambre qui pourrait, je l'espère, devenir mon chez-moi pour les dix prochains mois, et tout cela à deux pas de l'école : 1, rue d'Assas, 6e arrondissement, Quartier Latin. Waouh ! J'étais tellement heureux et enthousiaste ! J'avais un lit, pas seulement pour la première nuit… et une charmante propriétaire et une concierge. Un merveilleux séjour à Paris allait commencer…
Et bien sûr, la visite quotidienne au Foyer était une routine : rencontrer des étudiants du monde entier, notamment d'Amérique du Sud ; c'étaient les chouchous de Sœur Renée… peut-être avaient-ils besoin de son attention particulière dans la grande ville ! Et elle avait toujours un mot gentil, un sourire, elle m'aidait de toutes les manières possibles. Je n'oublierai jamais – et je lui serai reconnaissant toute ma vie – de m'avoir trouvé une famille pour Noël. C'était mon premier Noël loin de chez moi, un moment très spécial, surtout pour mes parents restés en Suisse. Et je n'oublierai jamais les nombreuses petites fêtes que nous organisions dans son foyer, les chants, les blagues – oh, elle adorait les bonnes blagues et riait – nous nous sentions tous si bien…
Mais elle était aussi là – pour nous tous – quand les choses allaient mal, les problèmes scolaires, les soucis de santé ; elle adorait voir et constater comment les amours se transformaient en amitiés et en mariages… et parfois, elle donnait un petit coup de pouce…
C'est une autre raison pour laquelle nous l'aimions tous tant : elle était si humaine, si près de nous, si authentique dans notre monde cruel ! Elle est sans aucun doute l'une des personnes les plus formidables que j'ai eu le privilège de rencontrer et de connaître au cours de ma vie.
Gracias, Merci, infiniment, Sœur Renée.
13 / Estela PEREZ de JAILLAT
Ancienne étudiante uruguayenne à la Catho, lettre à Danielle AMIOT, DIVONNES-LES-BAINS (France), Avril 2024
Chère Danielle, quelle a été ma surprise lorsque ta lettre m’est finalement parvenue, après un long périple ! Car j’ai changé d’adresse depuis 2010.
En lisant tes paroles, j’ai éprouvé une grande émotion, teintée de nostalgie, en me rappelant notre si chère Sœur Renée, le Foyer International et ces belles années de notre jeunesse étudiante, pour moi et ma sœur Hortensia, partagées avec d’autres anciens du Foyer… Anciens que nous avons fini par perdre de vue avec le temps passé. Moi-même je suis devenue Interprète de conférence et j’ai travaillé à l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) à Genève.
Quant à ma sœur, Hortensia, mariée avec Armin VEIHL, ils sont décédés tous les deux, malheureusement. Mais je n’ai jamais oublié Sœur René, personnalité marquante. Je salue donc votre projet de créer un ouvrage à sa mémoire, auquel j’aurais grand plaisir à participer si je peux. Je te remercie d’avoir essayé de me retrouver et espère que nous pourrons rester en contact.
14 / Joel LUNOT et Nicole CATU
Anciens étudiants français à la Catho, NICE (France), Janvier 2026
Nicole CATU, ma future épouse (mariage en 1967) était en licence d'anglais,
et je suivais les cours de l'ISIT - où j'ai côtoyé Estela PEREZ - parallèlement
à une licence de droit (Panthéon) et à Sciences Po. Nous nous sommes connus au
Foyer international qui était un lieu d’accueil chaleureux entre les cours et par
l'intermédiaire duquel, des excursions étaient organisées ainsi que la participation aux pèlerinages de LONGPONT et CHARTRES.
Nous avons fréquenté le Foyer International jusqu'à l'été 1964. Nous gardons d'excellents souvenirs de cette période. Sr Renée était une personne lumineuse et rayonnante qui avait un sens de l’écoute hors du commun. Elle a fait énormément de bien par sa seule présence attentive auprès de tous et chacun.
Le Foyer était situé à côté de la chapelle des Carmes où repose un lointain ancêtre de Nicole - le bienheureux Jean PONTUS – martyrisé durant la Révolution française.
Ancienne étudiante française à la Catho, lettre à Danielle AMIOT, ST GAUDENS (France), 20 Mai 1992
Chère Danielle, C’est avec une grande tristesse que j’apprends la mort de Sr Renée. Je te remercie de l’amitié que tu me fais de me laisser partager les souvenirs que tu as envoyés, en particulier cette photo d’elle qui la rend encore si proche de nous. Je suis soulagée d’apprendre qu’elle n’a pas cessé d’ouvrir le Foyer comme elle le souhaitait si obstinément ! La dernière fois que je l’ai vue à Paris, j’ai passé un moment avec elle dans sa chambre qu’elle voulait me faire visiter. Je l’ai sentie épuisée, mais deux choses la terrifiaient au-delà de tout : l’idée d’une retraite et celle d’une rechute et d’une mauvaise intervention. Je pense que l’horreur de l’une ou l’autre de ces perspectives lui ont maintenu le pied à l’étrier envers et contre tout.
Néanmoins, je garde de cette entrevue,
l’impression d’une très COUTEUSE RESISTANCE de sa part et d’une fragilisation
intérieure qui m’a beaucoup émue. Moralement, le soutien et la présence de
Bernard ont contribué, autant que sa combativité inflexible, à lui faire tenir
son refus d’abdiquer. Elle m’avait dit que si quelque chose lui arrivait, je
serais prévenue : elle ne s’était pas trompée. Merci de l’avoir si
fidèlement exaucée. Je te charge de dire à Bernard (que je ne connais pas, mais
que tu connais vraisemblablement) l’ampleur de son œuvre
« réparatrice » auprès de Sœur Renée tout au long de ces années de
fidèle amitié et de collaboration discrète et indéfectible.
Ce n’est pas Sœur Renée qui nous manque, c’est cette femme tellement aimante que, lorsqu’elle disparait, on se sent déserté ! « Je fais confiance à Dieu, disait-elle, dans les cas en instance de solution ». Je suis persuadée de l’inverse aussi. IL lui faisait confiance et je suis sûre qu’elle va LUI manquer ici autant qu’à nous ! Je compte sur une vieille complicité pour assurer la suite… et nous garder tous à l’œil !
16 / Alain COURTIER
Epoux d'une ancienne étudiante française à la Catho, MONTPELLIER (France), Février et Juillet 2025
(...) Comme je vous l’écrivais, j’ai connu Sœur Renée par
l’intermédiaire de ma femme et elle était venue huit jours en vacances à
Béziers. Je ne peux pas vous dire que j’ai beaucoup de souvenirs avec elle,
mais le séjour que nous avions passé laisse un parfum de bonheur qui ne s’est
pas évaporé avec le temps.
Je retiens son courage pour rendre service à autrui, son ouverture d’esprit et un contact tellement agréable, un vrai bonheur ! Sa main était toujours ouverte vers l’autre. Un exemple qui est toujours d’actualité, et que beaucoup d’individus pourraient partager avec autrui. Je suis, bien entendu, très intéressé de rester en contact avec vous pour connaître la suite et les réussites de votre démarche. (Février 2025)
Je fais suite au contact épistolaire que nous avons eu en février dernier au sujet de Sœur Renée. Effectivement je souhaite, si cela est possible, avoir des nouvelles de cette démarche ; elle me semble très intéressante au niveau des contacts recréés et très riche en BONS SOUVENIRS. Je suis certain que Sœur Renée est au courant de cette volonté de renouer ce lien et, comme à son habitude, elle agit "en coulisse" pour réunir tous ces étudiants et étudiantes, qu'elle a aimés et qui l'ont aimée. (...) (Juillet 2025)
17 / Raquel CAPURRO
Ancienne étudiante uruguayenne à la Catho, MONTEVIDEO, 2 Août 2025
Chère Sœur Renée, In memoriam…
Dès mon plus jeune âge, à la maison, j’entendais parler de l’école dominicaine où je suis entrée en maternelle. Un nom se détache dans ces premiers souvenirs… celui d’une certaine Sœur Renée. Un souvenir empreint d’affection, de tendresse.
Je ne me souviens pas de l’avoir rencontrée à l’école primaire, je ne l’apercevais que de loin, mais je me souviens très clairement du moment où, déjà au lycée, nous nous sommes croisées dans un escalier. La surprise, dans ce souvenir, n’est pas d’avoir découvert qu’elle était la fameuse Sœur Renée, mais qu’elle connaissait mon nom et qu’en l’associant, elle ait évoqué celui de ma tante, qui avait été son élève, et celui de ma mère, qui n’avait pas été son élève mais dont la disparition prématurée l’a rendue inoubliable pour elle comme pour moi. Je ne l’ai pas eue comme professeure au lycée ; c’était l’époque où elle est partie à Paris. Bien plus tard, j'ai découvert que ce souvenir singulier de la rencontre dans un escalier s'était manifesté à un autre moment et en un autre lieu : c'était dans le petit escalier menant au Foyer. Ces deux moments, séparés par des années, convergent aujourd'hui dans mon écriture. Dans cette image de la rencontre rapide, fugace, et pourtant inoubliable, dans un escalier. Tiens… curieux : l'escalier est réapparu dans mes rêves, et j'ai réalisé qu'il s'agissait d'une anagramme de mon nom et de celui de ma mère.
Au début des années soixante, je suis partie à Paris grâce à une bourse de l'Ambassade de France pour suivre le cours de diplôme à l'Institut Catholique. Je connaissais le Foyer… et, fraîchement arrivée… étrangère à Paris… J'y suis allée et c'est là que je l'ai retrouvée. J'allais découvrir Paris pour la première fois en suivant le cours d'été pour étrangers. Chaleureuse et attentive aux détails, Sœur Renée s'est assurée que je ne manquais de rien pour mes premiers pas. Je ne l'ai revue que brièvement ; le cours était intense, il a duré un mois. Puis je suis partie pour Toulouse, où j'allais poursuivre mes études grâce à la bourse.
Quatre années ont passé. Je suis retournée à Paris. Je comptais poursuivre mes études pendant encore deux ans. Cette fois, je suis allée la retrouver. Je voulais en savoir plus sur sa vie et son travail – ou plutôt, sur ses actions. J'allais avoir le temps de la rencontrer et de discuter avec elle.
Pendant ces deux années à Paris, je l'ai découverte dans son quotidien. Comment le décrire ? C'était un mode de vie, son existence même, sa foi incarnée dans sa disponibilité pour toutes sortes de rencontres avec des étudiants étrangers en difficulté. Elle trouvait les ressources les plus variées pour répondre à leurs angoisses et les aider à les apaiser de mille façons : problèmes administratifs, logement, vie en colocation, solitude, travail, argent, et même amour, bien sûr. C'était tout le contraire de l'assistance bureaucratique. C'était une attention personnalisée à cette autre personne qui, avec ses difficultés, arrivait au Foyer. Quiconque montait ces quelques marches et poussait la porte, la première chose qu'il rencontrait était un sourire. Une sœur. J'étais frappée par sa sérénité et sa bonne humeur. Son dévouement chaleureux a profondément marqué les foules qui venaient la solliciter et qui y trouvaient bien plus : un accueil chaleureux, une chaleur humaine propice aux rencontres et aux solutions. Le nouvel arrivant devenait un ami.
Je l'aimais et l'admirais. Je savais aussi que son don avait une autre dimension. Appréciée de beaucoup, son choix de vie, jugé peu conventionnel pour l'époque, n'était pas toujours compris. Elle a su le défendre et faire respecter ce qu'elle considérait comme sa véritable vocation : une manière attentionnée et unique d'aider les étrangers à résoudre leurs problèmes. Comme une sœur.
Un jour, fin 1966, alors que je lui annonçais mon retour imminent en Uruguay, elle m'interrompit et déclara avec force que je ne pouvais pas rentrer à Montevideo sans passer par les Pays-Bas. Sans plus attendre, ce week-end là, nous partîmes pour la Hollande dans sa voiture, qu'elle adorait conduire.
Des adieux inoubliables. Après mon retour au pays, nous ne nous sommes plus jamais revues.
Son souvenir reste gravé dans ma mémoire.
18 / Carmen BOIX de BOUREL
Ancienne élève du Lycée Santo Domingo et ancienne étudiante uruguayenne à la Catho, MONTEVIDEO, Mars 2026
Sœur Renée, femme et religieuse extraordinaire, avait un don d'accueil pour le prochain. Aimant la vie, elle procurait des conseils qui pouvaient aider à dépasser les difficultés, nous nourrissant de vitamines qu’elle savait distribuer.
Étant élève du « Liceo Santo Domingo », j'ai eu la chance de participer à ses classes de Mathématiques et Cosmographie. Elle a pris l'initiative d'accueillir l’Action Catholique, les Cinémas Forum. Elle a ouvert de sa propre initiative toute activité qui pouvait nous rapprocher les uns des autres, en un seul mot favoriser toute relation fraternelle. Partant en France, à Paris pour approfondir ses études de chant Grégorien, elle a continué ce même chemin.
Connaissant les besoins des étudiants, elle a créé un espace : le « Foyer International de l'Institut Catholique ». Au début, elle a organisé une cave où elle nous recevait. Plus tard, elle a obtenu une salle plus grande et accueillante où elle organisait des réunions, fêtait les anniversaires, accueillait les nouveaux arrivés, organisait des excursions. Il n’y avait pas de religion ou nationalité comme condition pour participer. Toujours prête à nous écouter, dans la mesure du possible, à nous trouver du travail, un logement, elle partageait une relation qui nous aidait à mieux vivre les difficultés rencontrées.
Merci chère Soeur Renée pour ce merveilleux héritage que tu m’as laissé.
19 / Olga FONBELLIDA
Ancienne étudiante espagnole à la Catho, SANTANDER (Espagne), Octobre 2026
Mes expériences au Foyer ont toujours été liées à Sœur Renée. Elle était
l'âme du Foyer pour tous ceux qui y passaient. Pour moi, comme pour tant
d'autres, c'était notre maison à Paris ; nous y trouvions la chaleur dont
nous avions besoin. Nous y échangions nos impressions sur les cours, etc… Pour moi,
elle était ma mère française ; elle riait beaucoup quand je l'appelai ainsi.
Nous partagions l’organisation des excursions dans Paris. J'y rencontrais tous les Uruguayens que tu me mentionnes.
Je n'oublierai jamais le jour où elle a acheté la voiture et m'a faite marraine du baptême. Elle m'a mis un chapeau et des fleurs dans les mains, et en avant !... Sœur Renée était en avance sur son temps ; son humanité et sa vision de l'être humain étaient impressionnantes. Je ne finirai pas de t’énumérer ses qualités, mais tu la connaissais comme moi, tu comprendras. J'ai terminé mon dernier cours en 1964, ensuite elle est venue en Espagne chez moi pour des vacances, et nous avons passé de très bons moments.
Février 2026 (de sa fille Susana)
20 / Danielle AMIOT de RIBOIRA
Ancienne étudiante française à la Catho, MONTEVIDEO, 4 Février 2026
Le Foyer International était le refuge des étudiants étrangers qui venaient suivre des cours à la Catho. Ils y étaient bien accueillis et en ressortaient transformés par l’accueil de Sr Renée et les solutions qu’elle savait trouver pour chacun.
Française, vivant dans ma famille à Paris, je n’avais pas les mêmes problèmes ni besoins que la plupart des amis que je rencontrais au Foyer. Je suivais les cours de la Faculté de Droit, et entre mes cours et les engagements que j'avais auprès du Groupe Catho qu'avait créé notre aumônier, le Père Jean Marc CHAUVEAU, je me rendais souvent au Foyer et fis connaissance avec Sr Renée que je voyais tous les jours accomplir un travail énorme : se mettre à la disposition de chacun, comme s’il n’y avait que lui ou elle, remonter le moral aux déprimés, sourire et être toujours joyeuse, trouver les petits boulots qui permettaient de compléter la bourse, ou vivre tout simplement ! écouter, ce qui était primordial, savoir être attentive à toute demande d’aide morale ou spirituelle, organiser des réunions, visites, excursions, distractions, conseiller pour les démarches administratives, et aussi faire les courses, les repas – partagés quelquefois avec certains – entretenir le Foyer qui était accueillant et impeccable (il y avait toujours un petit bouquet de fleurs !) malgré toutes les réunions journalières qui s’y tenaient. Elle avait aussi sa vie religieuse, à laquelle elle consacrait des moments de prière et de réflexion.
Mais elle, qui s’occupait d’elle ? Elle avait quelques « piliers » sur lesquels elle pouvait compter, étudiants et étudiantes et aussi les deux aumôniers qui se sont relayés auprès d’elle, le Père Guido KREINBUHL puis le Père Bernard PRUNET-FOCH, mais son principal pilier était sa foi en la Providence. Elle avait foi en la Providence lorsqu’elle faisait face à des situations difficiles et parvenait toujours à régler le problème, apaiser les tensions, réconcilier, rendre heureux.
Elle n’avait jamais été conformiste ! elle se contentait de ce que la vie lui donnait. Elle travaillait beaucoup et était très rigoureuse. Les étudiants se l’appropriaient, sorte de talisman qu’ils honoraient chacun à sa manière. Son humour détendait les situations difficiles. Je l’ai accompagnée dans plusieurs voyages qu’elle a fait pour rencontrer les familles des étudiants.
J’ai connu mon mari, Alfredo RIBOIRA, uruguayen, au Foyer. Nous sommes restés très proches d’elle, et avons partagé l’épuisement de ses derniers moments. Nous l’avons accompagnée à Albi, où elle repose parmi ses Soeurs.
Bien avant de nous installer à Montevideo, mon mari avait souhaité faire reconnaître la valeur des actions de St Renée. Elle avait déjà reçu la médaille de Vermeil de la Ville de Paris pour ses actions en faveur des étudiants étrangers à Paris, et avait été nommée Secrétaire technique auprès de la délégation de l’Uruguay à l’UNESCO pour son aide aux étudiants étrangers, plus particulièrement uruguayens. Il avait contacté son ami, Charles H. DUFOUR , secrétaire général de la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur, afin de connaître les modalités d’attribution de la médaille. Son ami lui avait envoyé l’exemple d’une religieuse qui, infirmière, avait accompli un travail énorme de présence auprès de malades, handicapés, personnes âgées, défavorisées, immigrées, quelques soient leurs conditions et convictions, et en 1983, elle avait été jugée digne d’être nommée dans l’ordre de la Légion d’Honneur.
Il semblait à mon mari qu’il pouvait en être de même pour Sr Renée qui
avait mis sa vocation au service de jeunes étudiants étrangers : ils
arrivaient désorientés souvent en difficulté dans cette grande ville, ne
connaissant personne, manquant d’amitié, de contacts humains, de soutien et d’encouragement, alors qu'ils étaient enthousiastes à l'idée d'y faire des études et avaient un idéal pour leur avenir. Loin de leurs familles, le Foyer était leur maison, finalité même de la mission
que s’était fixée Sr Renée, leur apportant l’aide morale et matérielle dont ils
avaient besoin.
Malheureusement, dès notre arrivée à Montevideo, en Décembre 2019, mon mari est tombé malade et est décédé en Mai 2021 d’une thrombose pulmonaire. Je n’ai pu continuer son projet, mais l’idée est lancée !...... Je me suis engagée pour rendre hommage à nôtre si chère Sœur Renée, à réaliser un document présentant sa vie à partir des témoignages de sa famille, sa congrégation, ses amis, et les étudiants qui ont fréquenté le Foyer. Le résultat a dépassé nos espérances, les témoignages ont afflué montrant la reconnaissance de tous pour le caractère exceptionnel de sa vie et de ses actions.
21 / Celica CALLEROS
Ancienne élève du Lycée Santo Domingo, MONTEVIDEO, 5 Mars 2026
Mars 1954 : Commencement des classes au Lycée Saint Dominique à Montevideo, 4ème année. Une des matières du programme était la cosmographie. Qui était notre professeure? Sœur Renée ! Elle était très aimable bien que nous ne fussions pas les meilleures élèves ! à notre âge, le sujet était peu intéressant. Vraiment nous aimions mieux les enseignements hors des heures de classe.
Sœur Renée était soucieuse d’établir avec ses élèves d’autres intérêts, sociaux et spirituels. Ses paroles ont profondément touché nos pensées. Elle a fondé le Cinéma – Forum. Elle voulait moderniser l’enseignement et nous préparer pour la vie qui changeait très vite.
Que ce petit témoignage soit une reconnaissance de tout ce qu’elle a fait pour nous.
22 / Rosario GAUTHIER de VIVO
Amie de Sœur Renée, MONTEVIDEO, Mars 2026
Depuis mon enfance, j’ai souvent entendu ma mère et mes tantes parler de Sœur Renée car elles avaient été ses élèves au Lycée Saint Dominique des Sœurs Dominicaines d’Albi.
Ma mère, en particulier, a eu la possibilité de maintenir le contact avec Soeur Renée lors de ses voyages à Paris avec mon père. C’est ainsi que j’ai construit l’image d’une religieuse à la fois très intelligente et sûre d’elle-même, débordante de joie et d’une attitude positive face aux défis de la vie. Elle alternait ses cours de Mathématiques et de Cosmographie avec un rôle de conseillère équilibrée et empathique, attirant aussi bien les jeunes que les moins jeunes vers son cercle d’amitié.
Mon père partageait aussi des anecdotes sur Sœur Renée qu’il avait connue
en France pendant ses études et ses examens à Paris durant sa carrière chez AIR
FRANCE. Avec elle mon père a célébré plus d’un anniversaire solitaire
partageant joies et peines tout en dégustant des escargots, un mets délicat qu’ils
appréciaient tous deux. Je l’ai vue à Montevideo lors de ses voyages pour
rencontrer sa très chère famille et ses sœurs de congrégation, mais c’est à
l’âge de 16 ans que j’ai vraiment fait sa connaissance. Elle m’a captivée
immédiatement, elle partageait, comprenait et après quelques échanges, offrait
le conseil précis accompagné d’un soutien immédiat. Elle écoutait les jeunes du
Foyer International de l’Université Catholique de Paris ainsi que des
diplomates, des hommes politiques et des religieux. Elle favorisait la
rencontre et le dialogue sans faire attention aux nationalités ou aux croyances
tout en rejetant les attitudes peu transparentes et en refusant d’être manipulée.
Quelques années plus tard, j’ai eu le privilège d’être à mon tour professeur de Mathématiques dans son très cher Lycée Saint Dominique. Comme ma mère l‘a dit lors de l’hommage rendu à Sœur Renée après son décès : “Elle voyait Jésus dans l’autre et considérait son travail d’amour fraternel comme le meilleur moyen de vivre sa foi”, (cité dans PRESSE, artícle de Luisa Tarabal: "Ante el fallecimiento de Sor Renée") C’est ainsi qu’elle a laissé un testament d’amour à tous ceux qui ont eu la bénédiction de l'avoir connue.
23 / Yvonne TARABAL
Amie de Sœur Renée, MONTEVIDEO, Mars 2026
Je m'appelle Yvonne TARABAL et je suis la tante de Rosario VIVO-GAUTHIER,
qui m'a dit que vous rassembliez des témoignages de personnes ayant connu Soeur
Renée ("LA Sœur Renée") en vue d'écrire un article en hommage à sa
mémoire.
Je suis une ancienne fonctionnaire du Quai d'Orsay, et j'habite à Rome,
mais vers les années 60 j'ai été boursière à Paris et j'ai eu l'occasion de
connaître et de fréquenter souvent Sœur Renée. J'en garde un très chaleureux
souvenir, notamment de son accueil affectueux lorsque, à peine arrivée à Paris,
j'ai débarqué au Foyer international qu'elle tenait d'une main forte à
l’Institut Catholique et qui était le point de ralliement amical d'étudiants de
toute provenance.
Sœur Renée était toujours disponible pour recevoir une faune bigarrée venue
chercher un moment d'amitié et de convivialité, et prodiguait sans cesse de
précieux conseils. Elle organisait notamment des sorties en dehors de Paris,
qui rassemblaient des participants de toute origine et étaient l'occasion
d'échanges socio-culturels d'une grande richesse.
Bref, un personnage hors pair, d’une générosité hors norme, une vraie chrétienne vivant pleinement la foi, l'espérance et la charité, et qui est restée à jamais dans nos cœurs.
24 / Yves TABIN
Ancien étudiant suisse à la Catho, SION (Suisse), 29 Avril 2026
En 1962 j’avais vingt ans et je débarquais de Suisse à Paris pour étudier
la philosophie. Curieux de découvrir mon nouveau biotope, j’explorais l’Institut
Catholique. Ayant gravi l’escalier D à un angle de la grande cour centrale, je
pénétrais dans un local bruissant de conversations et orné de mille
affiches, fanions et écussons. C’était le Foyer International, exactement ce
qu’il fallait à l’immigrant que j’étais. Et là, ô surprise, trônait, à gauche
près de l’entrée, une majestueuse et souriante religieuse : Sœur
Renée !
L’ample habit dominicain donnait de la majesté à sa corpulence. Il donnait
également une touche de bienvenue à cet austère univers d’ecclésiastiques. Sœur
Renée apportait surtout sa gentillesse, sa jovialité, son espièglerie aussi, de
plus avec un joli accent uruguayen. Je me sentis immédiatement à l’aise auprès
d’elle.
Pour nous, étudiantes et étudiants de toutes origines et de toutes langues,
elle était une mère accueillante, dynamique et toujours bienveillante.
Rapidement, ses autres fidèles devinrent des amis. Entre tous les cours, nous
nous retrouvions dans cette oasis. Le Foyer International était notre aire
complice, notre centre d’activité, notre point de départ pour le restaurant
universitaire Le Mabillon. Nous y papotions joyeusement devant un café, nous
chantions et rigolions, certains nouèrent même des idylles. Sœur Renée était
l’ange gardien de nos jeux et la fée tutélaire de cet accueillant logis.
Un jour, je ne sais plus par quel prodige, Sœur Renée reçut une Renault 4L.
Quelle aubaine ! Nous l’avons baptisée Valentine en grande pompe. À son
volant, j’ai sillonné Paris dans tous les sens. Sœur Renée me la prêtait
volontiers, car elle partageait tout et nous faisait confiance. La générosité
lui coulait entre les doigts.
Sœur Renée avait mille secrètes combines pour nous sortir des bourbiers
administratifs. Un jour, croyant faire une innocente farce, j’avais ajouté des
moustaches à la photo d’une étudiante hispanophone. Il s’agissait de sa carte
d’accès au Mabillon, précieux sésame très difficile à obtenir. Or, j’ignorais
que cette carte était une scabreuse imposture. Sœur Renée l’avait falsifiée,
maquillant le nom de la bénéficiaire, sa photo et les cachets officiels
incrustés. Je ne me souviens plus si Sœur Renée a pu rétablir la supercherie
que des moustaches avaient mise en péril. Je découvris à cette occasion que
cette sainte et malicieuse religieuse ne reculait devant aucune tricherie pour
aider son prochain.
J’ai quitté Paris deux ans plus tard et n’ai plus revu Sœur Renée. Mais elle occupe toujours au fond de mon cœur une place immense à sa mesure, parmi les souvenirs heureux de ma vie parisienne.
On ne peut oublier une telle mère abbesse. Après plus de soixante ans, je me réjouis qu’un hommage lui soit rendu. Sœur Renée … : un intarissable océan de bonté, un phare solide sur les rivages agités de notre jeunesse, un soleil toujours radieux dans notre mémoire.
Pour moi, elle reste l’âme secrète de l’Institut Catholique d’autrefois.
25 / Yves LE BOUDER
Ancien étudiant français à la Catho, Mai 2026
Que de souvenirs ! Ce foyer a fait toute ma "grande enfance" à l’Institut Catholique de Paris... Les rencontres, le travail de "notre” Sœur Renée, l'hébergement des Argentins, Péruviens... Un moment, que dis-je : des années inoubliables , surtout de la salle du Foyer où Soeur Renée nous recevait chaque jour : lieu de rencontres et du quotidien.
Ancienne élève du Lycée Santo Domingo et ancienne étudiante uruguayenne à la Catho, MONTEVIDEO, Mai 2026
Nous logions chez les Sœurs Dominicaines, rue du Gal Foy où logeait également Sr Renée. Au foyer, venaient des étudiants d'autres pays, et je me suis sentie pour la première fois citoyenne du monde. Nous avons vu des visages de toutes origines et de toutes couleurs, et des vêtements typiques de chaque pays, notamment d'une grande et très jolie camarade de classe qui portait le costume traditionnel de son pays et avait une marque en forme de larme sur le front, comme une larme rouge. Nous l'appelions « la petite de la Larme ». Elle venait d'Inde.
Ces souvenirs me touchent profondément et je ne cesse de remercier Dieu de les avoir vécus. Aujourd'hui, de loin, j'espère et je suis certaine que Sœur Renée repose auprès de Dieu le Père et de Jésus au Ciel !
En attendant nos retrouvailles célestes, Sœur Renée, avec toute mon affection, votre ancienne élève, Dolly FRANCHI.
27 / Sœurs Alice MURAIL, Suzanne CAIZERGUES et Geneviève de SAINT ANDRE
Sœurs Dominicaines de la Communauté d’Albi (France), Congrégation des Sœurs Dominicaines de Sainte Catherine de Sienne, anciennes étudiantes françaises à la Catho, ALBI (France), Mai 2026
Nous avons rencontré Sœur Renée Mangarelli entre 1969 et 1980 à Paris, dans
le contexte ecclésial post-Vatican II. C'était une période très mouvementée,
marquée par une intense activité religieuse, où nous, jeunes sœurs, nous
interrogions beaucoup sur la manière de vivre la vie religieuse à la lumière
des mouvements sociaux. En 1968, il y a eu cette révolution étudiante qui s'est
rapidement étendue à d'autres groupes, notamment les ouvriers. Nous étions très
impliquées dans cette recherche d'une vie religieuse conforme aux orientations
du Concile.
| Jardin du Couvent à Albi |
Elle expliqua qu'elle était venue à Paris pour étudier la liturgie, je
crois, et qu'elle y avait pris conscience de l'injustice qui y régnait. Elle
avait la garantie d'avoir de quoi manger, un lit et tout ce dont elle pouvait
avoir besoin, tandis que ses camarades latino-américains n'avaient rien de tout
cela et vivaient dans une grande précarité. Cette situation l'avait
profondément marquée, bouleversée, pourrait-on dire, et c'est de là qu'est née
l'idée d'ouvrir un lieu où, au sein même de l'Institut Catholique, elle
pourrait accueillir, recevoir et écouter tous les étudiants étrangers.
Elle demanda certainement l'autorisation à la Congrégation, et il est très
encourageant de constater que celle-ci accepta ce projet, lui faisant une
grande confiance et sachant qu'elle ne retournerait pas quotidiennement dans sa
communauté. Renée avait ce lien ténu avec la communauté, et cela attira notre
attention. Elle bénéficiait également d'un statut particulier, avec des
insignes qui la distinguaient.
Soeur Renée était une personne très généreuse, ouverte et accueillante,
facilement touchée par les situations très difficiles et éprouvantes auxquelles
étaient confrontés les étudiants. Sa maison était la plus belle, et elle s'efforçait
d'en faire un lieu accueillant et agréable, propice au repos et à la paix. Elle
passait ses journées à accueillir des jeunes, cherchant comment les aider à
trouver des solutions à leurs problèmes, les écoutant pendant des heures. Elle
tenait aussi à organiser pour eux des excursions dans les beaux endroits des
environs de Paris, voire jusqu'à l'Atlantique.
Si vous étiez de passage à Paris, elle vous invitait à déjeuner dans un petit local servant de salle à manger. Elle prenait grand soin de dresser une belle table, avec une nappe, de jolis couverts et de délicieux mets. C'était sa façon de vivre la sororité et de faire sentir à la personne qu'elle recevait qu'elle comptait pour elle.
Elle m'a appris précisément l'importance des gestes chaleureux et empathiques. Il y avait autour d'elle une atmosphère de liberté, de respect et d'amour.
Je crois qu'on peut dire qu'elle a consacré ses trente dernières années à ce que les étrangers, ses frères et sœurs bien-aimés, puissent ressentir la bonté de Dieu à travers elle. Et pour cela, pour le magnifique témoignage qu'elle nous a donné, nous lui rendons grâce.
28 / Jean Pierre HOBY
Ancien étudiant suisse à la Catho, LUCERNE (Suisse), 20 Mai 2026
Au début des années soixante-dix, alors jeune étudiant venu de Zurich, je suis arrivé à Paris pour y passer une année d’études à l’Institut Catholique de Paris, afin d’y suivre des cours de philosophie et de théologie. C’est là que se trouvait également le « Foyer International », important lieu de rencontre surtout pour les étudiants étrangers, espace d’échanges, de discussions, mais aussi de chaleur humaine au cœur de la ville de Paris, à la fois vibrante et anonyme.
Ce foyer avait été créé par Sœur Renée, qui le dirigeait avec un engagement remarquable. C’était une religieuse plutôt robuste, d’une cordialité et d’une joie de vivre extraordinaires. Chez elle, l’hospitalité n’était pas un devoir, mais une attitude naturelle. Elle savait écouter, rire, encourager et rapprocher les personnes.
Avec sa petite Renault 4, elle sillonnait inlassablement la France et
venait parfois jusque chez nous, en Suisse. Elle débordait d’énergie et
d’esprit d’initiative et possédait ce talent rare de mettre en relation les
personnes les plus différentes.
Pour moi personnellement, Sœur Renée devint alors l’une des figures les plus importantes de ma jeune vie d’adulte. Je traversais une période de grande incertitude intérieure.
D’un côté, je me sentais lié au souhait de mon père de me voir étudier la théologie et peut-être devenir prêtre. De l’autre, j’étais profondément attiré par la vie, par les êtres humains et aussi par l’amour des femmes. J’avais peine à m’imaginer une existence dans le célibat et j’hésitais entre des projets de vie très différents : entre vocation spirituelle et amour terrestre, entre quête théologique et désir d’un autre chemin, plus ouvert. Durant cette période, je passais de longues heures au Foyer International. Souvent, je m’entretenais longuement avec Sœur Renée. Avec elle, je pouvais tout dire. Jamais elle ne jugeait, jamais elle ne cherchait à influencer.
Elle écoutait simplement, avec une attention et une compréhension qui avaient pour moi une valeur inestimable. Lorsque je ne savais plus comment avancer, lorsque je me perdais dans mes pensées, lorsque je me sentais seul ou triste, j’allais la voir. Elle avait toujours un mot bienveillant, une bonne idée, une issue possible à l’impasse.
Il n’est donc pas étonnant que Sœur Renée soit devenue pour moi un refuge, une terre d’accueil et, d’une certaine manière, une présence maternelle loin de ma ville natale. Je crois que beaucoup d’étudiants éprouvaient quelque chose de semblable.
Sœur Renée savait accueillir des personnes comme moi dans leurs incertitudes, sans vouloir ni les façonner ni les diriger. C’est précisément ainsi qu’elle donnait un sentiment de sécurité et de confiance.
Même de nombreuses années après sa mort, sa présence demeure très vivante dans ma mémoire. Certaines personnes ne marquent pas les autres par de grands discours ou des actions spectaculaires, mais par la manière dont elles vont à leur rencontre.
Pour moi, Sœur Renée appartenait à ces êtres rares.
29 / Nivia PINTOS
Ancienne étudiante uruguayenne à Paris, amie de Soeur Renée, MONTEVIDEO, Décembre 1963
Ce témoignage n’est pas commun ! Nous avons retrouvé une coupure de journal dans laquelle une professeure uruguayenne de chimie racontait ses expériences professionnelles après ses études en Uruguay et à Paris dans le cadre d’une bourse du gouvernement français.
A son retour, elle écrivit plusieurs articles sur son expérience dans le désert qui parurent dans le journal EL DIA.
Au cours de son séjour à Paris en 1963 elle eut l’occasion de rencontrer Sr Renée et fréquenta le Foyer International.
Il nous a été impossible de la retrouver, mais nous publions son court, mais superbe témoignage qu’elle écrivit à la main sur l’article qu’elle envoya à Sr Renée :
"A Sr Renée, la femme la plus extraordinaire que j’ai
connu en Europe." Paris 7 Décembre
1963.
Source : journal EL DIA, Novembre 1963.
30 / Marie Thérèse MIJOULE
Ancienne étudiante française à la Catho, TARBES (France), 27 Juillet 2026
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| Marie ThérèseMIJOULE, à droite |
Ceci entendu, ceci fait, et nous avons fait rapidement connaissance avec un étudiant suisse allemand. Cette rencontre fut le prélude à des visites ultérieures familiales dans nos deux pays, avec des ramifications – contacts d’amis en amis—durant jusqu’à ce jour, après plus de 55 ans.
J'eu quelques entretiens avec Sœur Renée qui m’expliqua notamment les problèmes que rencontraient les jeunes filles au pair qui se heurtaient aux avances plus ou moins prononcées de la part de l’homme de la famille et qui devaient quitter ladite famille sans préavis, restant sans logis ni soutien.
Je lui proposai alors d’accueillir dans ma famille en urgence les victimes de ces situations. Heureusement, cela ne s’est pas réalisé trop souvent. Mais c’est un problème qui doit encore exister, à l’époque du « Me Too », et qu’il faut envisager dans les milieux étudiants.
Autrement, n’étant pas restée très longtemps à la Catho, j’ai peu vécu la vie du Foyer international, mais apprécié l’accueil et la disponibilité de Sr Renée et gardé une amitié durable avec certains de ses plus fidèles supports.
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TESTIMONIOS
Muchos amigos y ex-alumnos enviaron sus testimonios, llenos de estima, gratitud y amistad hacia Sor Renée. Este Blog permitirá a sus lectores revivir recuerdos a través de anécdotas y fotos, recuperar otras imágenes que puedan enviarnos o contactar con otros ex-alumnos que, a su vez, puedan compartir sus recuerdos de Sor Renée y del "Foyer" para enriquecer este blog continuamente...
1 / Amicia Badia Almada
Ex-alumna del Liceo Santo Domingo, MONTEVIDEO, 10 de Marzo de 19...
Escuchaba esta mañana en el programa "En vivo y en directo", la reseña de la corresponsal en París sobre Sor Renée, a quien conocí muy bien, mucho antes de que echara raíces en París para ayudar a los estudiantes extranjeros desde el Hogar Estudiantil del 21 rue d’Assas. Para muchas jóvenes de mi generación y para mí, era simplemente Sor Renée, quien, en el tradicional Colegio de las Dominicas de la calle Rivera, nos dictaba clases de matemáticas y cosmografía.
Pero sus inquietudes iban mucho más allá del desempeño de sus tareas docentes y alentó desde el colegio, el nacimiento del Movimiento Familiar Cristiano y de los grupos Pre-Nazareth para novios, por poner sólo dos ejemplos. Además, desde los círculos internos de Acción Católica, equivalente a los actuales grupos de reflexión, buscaba formar y desarrollar el sentido crítico y social de sus alumnas, organizando funciones de cine-forum, libros-forum y vinculándonos a grupos como el de los castores de Emaús.
Nos acercaba además a la palabra de quienes, como el Padre Ramelot O.P. -fundador del C.L.A.E.H.- abrían puertas a la renovación de la Iglesia. Y todo ésto sucedía a fines de la década del 40 y comienzos de la del 50! Como tributo de gratitud hacia quien colaboró en mi formación intelectual y moral, y como contribución al retrato de Sor Renée, que no sería completo sin su larga etapa uruguaya, me permito enviarle estos datos sobre tan distinguida religiosa.
2 / Cristina Mangarelli
Sobrina de Sor Renée, MONTEVIDEO, 7 de abril de 2026
Conocí a Sor Renée en uno de los viajes que realizó para visitar a la familia en Montevideo. Pero cuando realmente la conocí fue a través de los comentarios que realizaban las personas, de todas las edades, a lo largo de los años, destacando su actividad en el Foyer Internacional en el Instituto Católico de París, con agradecimiento y admiración.
En 1969 acompañé a mi padre, Dr. Emilio Mangarelli, en un viaje a París y emprendimos con Sor Renée una visita a los castillos del Loira, con un grupo de jóvenes estudiantes del Foyer y algunos religiosos. También nos llevó a descubrir Chartres.
Allí pude observar la camaradería, amabilidad y buen humor que reinaba entre todos, y el respeto y cariño que le profesaban a Sor Renée. Luego seguimos los tres, en el auto de Sor Renée (conducido por ella), recorriendo en un corto viaje algunos parajes de Bélgica y Países Bajos.
Años más tarde, en 1990 volví a visitarla con mi esposo en el Foyer Internacional de París, y la encontré como siempre, vivaz, alegre y con actitud positiva frente a la vida y a las relaciones humanas, sin perjuicio de desempeñar día a día las variadas tareas que comprendían el Foyer, entre muchas otras. Sor Renée siempre se destacó por su entrega al otro y por su comprensión y amplitud de criterio frente a los conflictos humanos.
Leyendo algunos de los testimonios que fueron publicados en diarios luego de su fallecimiento, que relataban su obra con las personas que se acercaban al Foyer necesitando no sólo trabajo y alojamiento, sino también afecto, me recordaron a varias de las consideraciones que se realizaron en ocasión del fallecimiento de su padre, Antonio Mangarelli (mi abuelo), en los diarios de la época, y en el homenaje que le realizaron sus alumnos años más tarde -al cual asistí- cuando se colocó una placa de reconocimiento en la calle que lleva su nombre, en la ciudad de Colonia, donde fuera maestro, profesor y director de la escuela y del liceo. Seguramente, Sor Renée en su Colonia natal, aprendió de su padre la importancia de darse al otro, del trabajo disciplinado y solidario que transforma el mundo.
Merecido homenaje éste a Sor Renée, que reúne a un grupo de personas que conoció a ese ser destacado y singular, para recordar las enseñanzas y el cariño recibido en las variadas circunstancias de la vida.
3 / Padre Bernard Prunet-Foch
Capellán del Foyer, carta a Pablo Busanello, sobrino de Sor Renée PARIS (Francia), Marzo de 1992
Querido Pablo: Muchísimas gracias por tu fax, lo recibí a las cuatro de la tarde, te contesté esta noche, son las diez y media. No te disculpes de nada por tu reacción, ya sabes que la comprendí muy bien, yo también no sabía qué decirte, porque sabes que la quería mucho a Sor Renée, y que te quiero mucho a tí. Así que era muy difícil hablar.
Sí, habíamos cenado juntos en el Foyer como todos los miércoles, todo había pasado muy bien, hemos hablado de tí, estaba muy contenta que seguías tus estudios, hemos también hablado de las vacaciones y de todo… Bueno, una cena muy agradable.
Hacía unas tres semanas que se sentía mucho mejor. Después de la cena la acompañé a su casa, la bajada de la escalera fue buena. Entró sin problema. Todo estaba bien de nuevo. Ella, curiosamente, no había tomado la comunión por la mañana, entonces antes de dejarla, le di la comunión y la bendición, y me fui bastante tranquilo.
Es el jueves por la mañana que me telefonea Petra, no sé si la conoces, para decirme que Sor Renée estaba muy mal. La había encontrado en su dormitorio, sin terminar de vestirse e inconsciente. Llegué enseguida, pero el médico me dijo: "Está muy grave, ella está en estado de coma". La llevaron al hospital del Hôtel-Dieu (cerca de Notre Dame), su corazón latió hasta las 20 horas. Lo importante es que parece no haber sufrido. Para mí, es difícil de expresar, pero es la mejor muerte que podía tener. Cuando le conté al Rector, él dirigió una nota para todo el personal del Instituto Católico (era la primera vez que yo veía una cosa semejante) hablando de Sor Renée -aquí te lo envío. La misa en París fue el martes en la Iglesia des Carmes en la Catho. El Rector la presidió, a su lado estábamos el Vicerrector y yo. Al comienzo el Rector dijo unas palabras y después leí el evangelio. Había mucha gente, unas trescientas personas por lo menos, a pesar de que estaban las vacaciones. El Rector y yo habíamos puesto un anuncio en los diarios.
Después de la misa, con Soryong acompañamos a Sor Renée hasta el Convento de Albi, a 800 kms de París. El día era estupendo, el viaje fue un poco "fantástico" (no sé si se dice así) a través de todas estas regiones del centro, donde todavía quedaba un poco de nieve. Llegamos al Convento a las 20hs. Allí quedó el ataúd en la Capilla durante la noche. Al día siguiente, celebré la misa con todas las religiosas, estaban también Soryong, Soryang, Alfredo y Dany que vinieron en tren.
Su salud la había preocupado durante mucho tiempo, sin causar sufrimiento a otros. Sentía un profundo respeto y amistad por ella. Creo que el Señor debió acogerla sin demora, como ella a sus visitantes.
Le aseguro mi respetuosa consideración.
5 / Luis Ferreras
Ex alumno español de la Catho, testimonio impreso en "Le Petit Monde", PARIS (Francia), 1964
Con frecuencia organizadores, políticos, sociólogos, etc., supuestamente interesados en los demás, esgrimen teorías, soluciones e ideas generales y excesivamente abstractas. Hablan del hombre, este "animal racionalizado", este ser universal, que, en realidad, no existe, reducido así a una idea, a un frío número estadístico. Y mientras tanto, olvidamos al ser humano concreto, de carne y hueso, aquel que realmente existe, que sufre, que ama, que tiene problemas. La Hermana Renée no desarrolló teorías estériles; creó y movió con sencillez, eficacia: así es como suceden las grandes cosas.
Es la Providencia la que la proporciona, dice Sor Renée; pero nosotros, menos providencialistas, decimos que es la Hermana. Hay que haber estado en necesidad para saber lo que significa esta ayuda.
Precisamente, estos problemas de soledad, falta de amistad, relaciones y contacto humano, no han escapado a la mirada inteligente y sensible de Sor Renée. Y comienza con sus obras. Hay que escucharla contar: es una historia que comienza con una joven española que, como tantas otras, se sentía sola, peligrosamente sola. Después fue una alemana, y después muchas otras. Hoy, hay cientos. Sor Renée era amiga de todos. Y ella, que estaba de paso en París, se quedó tal vez para siempre, porque era necesaria, porque sus hijos tenían necesidad de ella, aquí. Dedicó su vida a su servicio, consagrada a la sublime vocación de comprender y ayudar. La misión más alta, que cumplió con una bondad inimitable.
Esta es, a grandes rasgos, la sencilla historia del Foyer: una historia hecha no de grandes hazañas, sino de hechos concretos, experiencias, problemas cotidianos, toda una historia interior viva que no puede reflejarse en estas pocas líneas. Gracias al Foyer, hay en París más calidez, más amistad y menos soledad. Nada más, pero nada menos.
6 / Sor Guillermina Netto
Hermana Domínica, respuesta al anuncio del fallecimiento de Sor Renée, THIES (Senegal), 20 de Abril de 1992
Sres Danielle y Alfredo Riboira: Cuando me dieron la noticia de la muerte de nuestra querida Sor Renée, me quedé profundamente conmovida. Nuestra Hermana está en un lugar mejor desde donde nos ayudará e iluminará para caminar con esa gran generosidad de espíritu, como siempre lo hizo con todos, sin mirar a quién.
7 / Sor Columba Doxandabara
Hermana Domínica, BUENOS AIRES (Argentina), Junio de 1995
A todos los que están en el Hogar, antiguos y nuevos: Algunos rasgos de Sor Renée.
La conocí en 1947 cuando estudiaba en Buenos Aires. ¿Cómo? Desde Uruguay, había enviado a una de sus alumnas del colegio secundario de Montevideo ¡a hacer amigos en el extranjero! ¡Su vocación internacional estaba comenzando!
La volví a ver en 1949. Ella era la hermana mayor que nos cuidaba (era enfermera) con cariño. Incluso recibir inyecciones se volvió agradable; nos permitía charlar un rato con alguien muy abierto. Finalmente, cuando llegué a Francia, conocí al Padre Prunet-Foch, a quien ella tanto quería, a Danielle Amiot, más tarde a Alfredo Riboira, Marianne, Véronique y a tantos otros... Le encantaba contarme sus vidas, sus salidas con ella, como a una madre le encanta contar sus propias historias.
El último año fue más difícil para ella, debido a su edad y enfermedad. Compartíamos el almuerzo del domingo, y este compartir continuaba hasta las 4 o 5 de la tarde, cuando alguien más tomaba el relevo. Antes, alrededor de las 2 o 3, se marchaban los más pequeños: Sonyong, Sonian, Colette, Thomas, o antes, Petra, etc.: ¡todos los países desfilaban ante mí! Con esta mujer maestra, aprendí a amarlos a todos, incluso a comprender sus gustos culinarios, sus alegrías y sus penas. Y así, de alguna manera, mis oraciones los acompañaban.
A través de Sor Renée, les expreso mi amistad y mi recuerdo.
8 / Sor Geneviève de Saint André
Hermana Domínica de Albi, ex alumna francesa de la Catho, ALBI (Francia), 11 de Diciembre de 2024
(...) Conocí a Sor Renée bastante bien, pues estuve en París entre octubre de 1968 y octubre de 1979. Ella formaba parte de mi Comunidad, aunque no vivía con nosotros. Tenía su propio apartamento cerca del Instituto Católico, pero todos los domingos almorzábamos juntas. Además, yo misma asistí al Instituto Católico durante tres años, cursando estudios en el ISPC (Instituto Superior de Catequesis Pastoral). A menudo visitaba su recepción y veía todas las mejoras que hacía para hacerla cada vez más acogedora. Quería mucho a Sor Renée: su hospitalidad, su apertura y su constancia, ya que vivía bastante pobremente. Los extranjeros eran su máxima prioridad. También era divertida y a menudo nos hacía reír con sus comentarios humorísticos.
Lamentablemente, no estaba allí cuando nos dejó. Estaba en Latinoamérica, en Perú, donde viví 35 años. Esto es lo que puedo contarles sobre Sor Renée.
Les aseguro mi más profunda amistad.
9 / Alfredo Benia
Ex-alumno uruguayo de la Catho, PUNTA DEL ESTE, Febrero de 2025
En febrero de 1960, en usufructo de una beca del gobierno francés a mi padre, partimos con él y mi madre a París por seis meses. En París, mis padres tenían una amiga maravillosa, Sor Renee, con la cual estuvieron en contacto después de años. Entre otras inquietudes que tenía Sor Renée, estaba el cine.
La primera muestra de amistad fue encontrarla esperándonos en el aeropuerto tarde en la noche. Nos acompañó al hotel Saint Michel, 19 rue Cujas, donde recalaban todos los uruguayos. (...) Al despedirse, nos invitó para encontrarnos al día siguiente en el Foyer Internacional de la Catho, en el Instituto Católico.
Café de por medio, se dirigió a mí y me dijo: "Ya tengo varias cosas para tí; te inscribí en los cursos de la Catho en francés. (En mi último año de liceo, me fui a examen en Historia del arte, Historia de París, Literatura francesa y otros cursos). "Para el almuerzo tenés los tickets de los restaurantes estudiantiles Mabillon e Israelita. Además, para que tengas algún dinero, el servicio social de la universidad ofrece distintos trabajos de corta duración y, si querés, podés empezar mañana pegando afiches en los comercios".
"Pero yo me acabo de ir a examen en francés y no hablo nada, casi no lo entiendo". "No te preocupes, yo te escribí en un papelito lo que tenes que decir y vas a andar bien".
Y me escribió: "Vous me permettez de mettre des affiches?" (*¿Me permitiría poner carteles?) Con ese papelito y con los afiches de un pintor y cinta scotch, salí a recorrer y conocer todo París.
Entre otros trabajos, llegué a ser juez de llegada de una carrera de autos, cuidé niños a la noche (esto de los niños era ir a las casas; ya estaban dormidos, eran muy chiquitos. Los padres me pagaban los honorarios acordados con el servicio social y era hasta las 12 de la noche. A partir de esa hora no había más locomoción y tenían que pagarme un taxi).
Una anécdota de lo que era Sor Renée: me pasó una noche en que íbamos caminando por la vereda del Sena, todo un gran silencio, y oímos unas voces. Sor Renée se asoma por arriba del muro y ve a una parejita que estaban muy enamorados y se siente la voz de la chica que dice: "Uh, la Sor Renée!". Que muy canchera, me dice: "Alfredito, yo tuve 16 años. No tienen dónde ir". Siempre me dijo Alfredito.
En esas épocas, se acercaba el II Concilio Vaticano que había sido anunciado por el Papa Juan XXIII en enero de 1959, aproximadamente. Los cambios ya se estaban probando y la Abadía Saint-Germain de Prés tenía permiso para dar la misa en idioma local y con el sacerdote de frente a los fieles. Sor Renée, que siempre estaba a la vanguardia de la renovación de la iglesia, nos llevó a misa de 9 y antes le dijo a mi padre: «Mire, Alfredo, es ritual después de esta misa ir a desayunar al bar de enfrente, café con leche con croissant».También era golosa.
Volviendo un poco al Foyer Internacional, estaba situado en una especie de sótano de la Universidad. Allí, ella tenía un escritorio en el que siempre estaba al servicio de quién fuera. Alrededor de ella bullía una cantidad de jóvenes de ambos sexos conversando entre sí o sentados al escritorio en alguna confidencia con Sor Renée, que a todos nos escuchaba y a todos nos asistía. Allí iban entre clases o si no tenían nada que hacer, a tomar un café.
Los conocí y nos carteamos por algunos años: jóvenes de Países Bajos, Alemania, Bélgica, Italia, España, Austria. Eran de los que más había, y algún latinoamericano, sobre todo chilenos y estudiantes, muchos de ellos seminaristas. Como una cosa lleva a la otra, con un par de estos seminaristas holandeses, que tocaban la guitarra y cantaban muy bien, salíamos a la noche y recorríamos los bares y cafés. Ellos cantaban y yo pasaba la gorra. Todo lo que recibíamos iba para el Foyer.
Sor Renée, pasados algunos días, nos había conseguido un apartamento sobre el Sena, en el 41 Quai de Grands Augustins, no sobre el mismo Sena, pero sobre la parte trasera del edificio. Lógicamente, tenía la típica concierge (*portera) de aquella época, totalmente desarrapada, sucia, intratable, igual que en las novelas de George Simenon. Al irnos de París en agosto de ese año, les dejamos el "PALACIO", como lo apodábamos, a tres chicas uruguayas cuyos padres eran muy amigos de los míos del movimiento familiar cristiano. En uno de los viajes (ese fue el último que organizaba el Padre Peyronnet), llegaron y se quedaron.
Además de ellas tres, había otra chica que había venido en el viaje con el Padre Peyronnet, y junto a los seminaristas holandeses, jugamos un partido de fútbol en la explanada de la iglesia Saint Sulpice con una lata de cerveza a las 12 de la noche y sin que pasara nada. Lógicamente, ellas también quedaron en gran relación con Sor Renée.
En semana santa, mi padre quería ir a Sevilla, pero Sor Renée lo convenció que eso era para el turismo, y que teníamos que celebrar una Santa Semana. Con este espíritu, pasé una de las noches más inolvidables de mi vida: consiguió que yo pasara la noche en el monasterio de Solesmes, una de las famosas abadías de los benedictinos. Luego de los oficios religiosos (yo quedé solo en el convento, mis padres se fueron) fuimos a cenar al comedor, donde había más de 40 monjas. Todo en silencio total.
Una de ellas sobre un atril, hacía lectura en referencia a las propinas de esa Semana Santa. Recuerdo o recuerden que los benedictinos eran contemplativos, en aquella época, de total clausura.
Pero el hecho más impresionante para mí, fue que a la noche pasé a dormir en una celda como la de todos. Esa celda tenía una ventana muy chica y del lado en que yo estaba se veía la luna a la cual tapaba completamente un color rojo sangre, sobre lo que yo recuerdo eran los bañados de Solesmes. Hoy en día, una de mis hermanas es monja Benedictina radicada en Chile.
No fue la única experiencia religiosa que viví a instancia de Sor Renée. Otra sensacional, fue una peregrinación a Longpont. Una peregrinación caminando y compartiendo el tema que era la oración, con más de 80 jóvenes, todo a través del campo. Recuerdo que en un momento debía haber un aeropuerto importante cerca. Levantó vuelo muy cerca nuestro uno de aquellos maravillosos aviones supersónicos "Concorde" ; fue impresionante.
Para la peregrinación, los estudiantes llevaban una gorra denominada faluche (foto), a la que se le ponían distintas cosas que mostraban, señalaban el país de origen, la carrera a estudiar, la bandera de Francia y otros. Todavía la guardo como un tesoro. Lo armamos todo ésto con ella.
En la ayuda social, Sor Renée sufrió muchas decepciones, de una de ellas fui protagonista. A ella le habían prestado una casita muy humilde en los suburbios de París. A esa casa, a los que llegaban muy desesperados sin dinero y sin techo, ella se las cedía por unos días. Luego vendrían otros y otros, pero resulta que un español se apropió de la casa y no la quería devolver; un moderno okupa. Lógicamente, meterse con una monja era muy fácil y él se negaba a dejar la casa. Sor Renée le pidió a mi padre de acompañarla, y allá fuimos los tres. Me acuerdo de que mi padre se puso muy duro con el tipo y, aunque no recuerdo bien, creo que a los pocos días dejó la casa.
Para terminar mi periplo con Sor Renée, en la Ville de la Cité, en un salón impresionante, nos entregaron los diplomas de los cursos. Según carta que poseo, estaba recibido. Según Sor Renée, era muy buena nota, porque muchos habían perdido el examen. Cuenta que un sacerdote chileno, Perossi, que hacía reír a todo el mundo donde fuera que estuviera, lo había perdido y se mostraba desconsolado. Sor Renée, en esa carta, me escribe del orgullo que debería sentir con ese diploma y que debía encuadrarlo. El diploma en sí era para encuadrar, pero mi nombre, fecha y otros datos estaban manuscritos horriblemente, como si lo hubiera hecho yo mismo. El diploma lo tengo, no encuadrado, sino doblado en cuatro partes.
Fue en lo único que no coincidimos con Sor Renée. La verdad, siempre reconoceré que, gracias a ella, a mis dieciséis años, comencé otra vida.
10 / Marie Jeanne Van der Stichele-Dehaene
Ex alumna belga de la Catho, KOKSIJDE (Bélgica), Enero 2026
Me llamo Marie Jeanne (87 años). Soy viuda desde 2006 y ya no vivo en Sint-Niklaas. Esta ciudad está situada cerca de Amberes. Ahora vivo a orillas del Mar del Norte, en Flandes Occidental. Estudié en París de 1956 a 1957 y tuve la fortuna de conocer a Sor Renée.
Sigue siendo una persona extraordinaria. Guardo hermosos recuerdos de ella en mi corazón. Siempre la tendré cerca. Me alegra mucho que estén escribiendo un libro en su memoria. ¿Será demasiado tarde para contribuir a este proyecto?
Sor Renée solía pasar sus vacaciones con nosotros. Teníamos un gran jardín (7 hectáreas) cerca de Sint-Niklaas, donde se sentía muy feliz y libre, y donde le encantaba pasar las vacaciones. Con mucho gusto escribiré mis recuerdos de ella. (...) Sus ideas personales, su fuerza, su valentía y su personalidad latinoamericana, inspiraron enormemente mi vida.
(...) Sí, siendo una joven de Ieper, en Flandes (Bélgica), mis padres me permitieron estudiar por un año en el Instituto Católico de París. Fueron los años 1956-1957. Tuve el privilegio de conocer a Sor Renée, justo al comienzo de su llegada a Francia, su trabajo y su nombramiento en la Universidad Católica. El Foyer de la Rue d'Assas se convirtió rápidamente en un lugar encantador de acogida para muchos estudiantes extranjeros de París.
Sin duda alguna, Sor Renée marcó mi vida. Su apoyo moral, sus consejos, sus numerosas conversaciones, su ejemplo de fe, su personalidad valiente y llena de valor, me animaron a llevar una vida fuerte, equilibrada y llena de valentía.
¡Sor Renée permanecerá siempre en mi memoria con inmensa admiración y cariño! Gracias, Sor Renée.
(...) Este 29 de enero se cumplen 10 años de que mi hija Carmen falleciera a los 55 años por cáncer de páncreas. ¡Era mi hija mayor! Adoraba a Sor Renée y estaba en contacto con ella. ¡Tengo una caja llena de fotos! Quizás encuentre algunas.
Recuerdo que Sor Renée me dijo un día: "Ay, Marie-Jeanne, me siento mucho más cómoda vestida de civil como todo el mundo". Tras la muerte de mi madre, que tenía la misma talla que Sor Renée, ella aceptó tres conjuntos abrigados de punto jacquard (con estampados) para añadirlos a su armario. Durante la enfermedad de mi madre, viajó especialmente desde París para apoyarla. Mi madre experimentó un gran alivio y aceptación de su cáncer tras la visita de Sor Renée. No sé cómo Sor Renée expresaba su confianza, sus palabras de consuelo, pero, sin duda, nadie podía hacerlo mejor que ella.
La riqueza de su vida de fe, su tacto y su inteligencia eran el secreto.
11 / Paul Vettiger
Ex-alumno suizo de la Catho, LUCERNA (Suiza), Mayo de 2025
Pero estos lugares pobres y sin sol son a veces oportunidades secretas para sumergirse en aventuras: descubrir verdades existenciales, amistades, amores, solidaridad, y de preparaciones para el peregrinaje a Chartres…
Al comienzo hubo un padre suizo, Guido Kreinbuhl, que nos acompañaba con cariño y un saber preciado. Recuerdo algunos nombres del grupo: Chantal, Anne, Pierre, Nicolas, Gérard… todos quedamos amigos durante mucho tiempo. Un día el padre suizo nos dejó huérfanos, y gracias a Dios, encontramos voces apasionadas para seguir leyendo la Biblia. Sor Renée nos dejó generosamente trabajar en una libertad total. Y el ojo vigilante de Rome estaba lejos. La riqueza de la interpretación de la palabra de Dios continuó siendo variada y a veces, muy audaz. Pero nunca voy a olvidar esos momentos maravillosos en el Círculo Bíblico de la Catho, donde Sor Renée nos invitó a participar.
12 / Arthur Haeschler
Ex-alumno suizo de la Catho, WETZICON (Suiza), Febrero de 2025
Cuando dejé a mis padres en San Galo una nublada mañana de lunes, a los 19 años, no sabía dónde dormiría la noche siguiente. Mis padres, sin duda, tenían mucha confianza en su hijo y estaban convencidos de que todo saldría bien. Lo único que tenía, gracias a un amigo de la fraternidad, era la dirección de Sor Renée en la Universidad Católica, la "Catho".
Desde la Gare de l’Est fui directo a verla, me presenté y enseguida me sentí como en casa en su Foyer. Estaba sentada en un rincón, en su gran sillón, charlando con cinco personas a la vez. Me recibió con una gran sonrisa y los brazos abiertos y… enseguida me llamó su "Pequeño Suizo", como probablemente llamaba a todos los estudiantes suizos…
Y también me dio un papelito con la dirección de una habitación que, con suerte, podría ser mi hogar durante los próximos 10 meses, y todo esto a un paso de la escuela: 1 Rue d’Assas, 6e, Barrio Latino. ¡Guau! Estaba tan feliz y entusiasmado; tenía una cama, no sólo para la primera noche… y una casera y un conserje muy amables. Estaba a punto de comenzar una estadía maravillosa en París…
Y, por supuesto, la visita diaria al Foyer era rutina: encontrarse con estudiantes de todo el mundo, especialmente de Sudamérica; eran los consentidos de Sor Renée… ¡quizás necesitaban su atención especial en la gran ciudad! Y ella tenía siempre una palabra amable, una sonrisa, me ayudaba de todas las maneras posibles. Nunca olvidaré -y le estaré agradecido el resto de mi vida- que me encontrara una familia con la que pasar la Navidad. Fue mi primera Navidad lejos de casa, un momento muy especial, también para mis padres en Suiza.
Y nunca olvidaré las muchas fiestitas que hacíamos en su Foyer, las canciones, los chistes… ¡Ay, le encantaban los buenos chistes y se reía tanto! Todos nos sentíamos tan bien…
Pero también estaba ahí -para todos nosotros- cuando las cosas no iban bien, con problemas escolares, de salud; le encantaba ver y presenciar cómo las amistades se convertían en romances y luego en matrimonios... y a veces les daba un empujoncito...
Es otra razón por la que todos la queríamos tanto: era tan humana, tan cercana a nosotros, tan auténtica en nuestro mundo cruel.
Sin duda alguna, es una de las personas más formidables que he tenido el privilegio de conocer en mi vida. Gracias, gracias infinitamente, Sor Renée
13 / Estela Pérez de Jaillat
Ex-alumna uruguaya de la Catho, carta a Danielle Amiot, DIVONNES-LES-BAINS (Francia), Abril de 2024
Estimada Danielle, ¡Qué sorpresa recibir tu carta, cuando me llegó finalmente después de un largo periplo! Pues cambié de dirección en 2010.
Al leer tus palabras, sentí una profunda emoción, teñida de nostalgia, al recordar a nuestra querida Sor Renée, el Foyer Internacional y aquellos maravillosos años de nuestra vida estudiantil, que junto con mi hermana Hortensia, compartimos con otros ex-alumnos del Foyer… Ex-alumnos que terminamos por perder de vista con el tiempo. Yo misma me convertí en Intérprete de Conferencias y trabajé en la OMC (Organización Mundial del Comercio) en Ginebra.
En cuanto a mi hermana, Hortensia, se casó con Armin Veihl, otro ex-alumno del Foyer, ambos lamentablemente han fallecido.
Pero nunca he olvidado a la Hermana Renée, memorable personalidad. Por lo tanto aplaudo el proyecto de crear un libro en su memoria, del que me encantaría participar si puedo. Te agradezco que hayas intentado encontrarme y espero que sigamos en contacto. Amicalmente, Estela
14 / Joel Lunot y Nicole Catu
Ex-alumnos franceses de la Catho, NIZA (Francia), Enero de 2026
15 / Marie José Bord
Ex-alumna francesa de la Catho, carta a Danielle Amiot, ST GAUDENS (Francia), 20 de mayo de 1992
Querida Danielle, Con gran tristeza me enteré del fallecimiento de Sor Renée. Te agradezco el gesto de amistad al permitirme compartir los recuerdos que me enviaste, especialmente esta foto suya, que la hace sentir aún tan cerca de nosotros.
Me alivia saber que no dejó de abrir el Foyer, como ella lo deseaba ¡tan obstinadamente! La última vez que la vi en París, pasé un momento con ella en su habitación, que quería que visitara. La sentí agotada, pero dos cosas la aterrorizaban más que nada: la idea de la jubilación y la de una recaída y una mala intervención. Creo que el horror de cualquiera de esas perspectivas la mantuvo en pie contra todo pronóstico.
Sin embargo, de esa entrevista conservo la impresión de una resistencia muy costosa por su parte y de un debilitamiento interior que me conmovió profundamente. Moralmente, el apoyo y la presencia de Bernard contribuyeron, tanto como su inquebrantable espíritu de lucha, a que ella se negara a rendirse.
Me dijo que si algo le sucedía, me avisarían: no se equivocaba. Gracias por haber cumplido tan fielmente. Te pido que le cuentes a Bernard (a quien no conozco, pero que probablemente tu sí) el alcance de su labor "reparadora" con Sor Renée, a lo largo de estos años de fiel amistad y colaboración discreta e inquebrantable.
No es a Sor Renée a quien extrañamos, sino a esta mujer tan cariñosa que, cuando desaparece ¡nos sentimos abandonados!
"Confío en Dios", dijo, "en los casos pendientes de resolución". También estoy convencida de lo inverso. Él confiaba en ella y estoy segura de que Le faltará aquí tanto como a nosotros. Cuento con nuestra vieja complicidad para asegurar el futuro... ¡y para que nos cuide a todos!
16 / Alain Courtier
Esposo de una ex-alumna francesa de la Catho, MONTPELLIER (Francia), Febrero y Julio de 2025
(...) Conocí a Sor Renée a través de mi esposa, y ella vino a Béziers para unas vacaciones de ocho días. No puedo decir que guardo muchos recuerdos de ella, pero el tiempo que pasamos juntos deja un perfume de felicidad que no se ha evaporado con el tiempo.
Me quedo con su valentía para ser útil a los demás, su mentalidad abierta y su forma tan agradable de interactuar: ¡una verdadera alegría! Siempre estaba dispuesta a ayudar a los demás. Un ejemplo que sigue vigente hoy en día y que muchas personas podrían compartir.
Por supuesto, estoy muy interesado en mantener el contacto para conocer el progreso y los éxitos de tu labor. (Febrero de 2025)
Le doy seguimiento al contacto que tuvimos el pasado febrero sobre Sor Renée. Me gustaría mucho, si es posible, seguir estando al tanto de esta iniciativa; me parece muy interesante por los contactos restablecidos, y bien llena de buenos recuerdos.
Estoy seguro de que Sor Renée está al tanto de este deseo de renovar la conexión y, como de costumbre, está trabajando "entre bastidores" para reunir a todos estos ex-alumnos, a quienes amaba y quienes la amaban a su vez. (...) (Julio de 2025)
17 / Raquel Capurro
Ex-alumna uruguaya de la Catho, MONTEVIDEO, 2 de Agosto de 2025
Querida Sor Renée, In memoriam...
Desde muy niña, en mi casa, escuché hablar del colegio de las Domínicas al que ingresé en Jardinera. Un nombre se destaca en esos recuerdos tempranos... el de una tal Sor Renée. Evocación cargada de afecto, de simpatía. No recuerdo haberla conocido cuando cursé Primaria, sólo de lejos, de vista, pero sí tengo muy nítido el momento en el que, ya en el Liceo, nos encontramos en una escalera. La sorpresa que guarda ese recuerdo, no es que yo descubriera que ella era la tan mentada Sor Renée, sino que ella supiera mi nombre y con mi nombre evocara el de mi tía, que había sido su alumna, y el de mi madre, que no fue su alumna pero cuya muerte, muy temprana, la hacía inolvidable para ella y para mí. No la tuve de profesora en el Liceo, esa fue la época en la que se fue a París.
Mucho más tarde descubrí que ese recuerdo singular del encuentro en una escalera, aparecía en otro tiempo y lugar: fue en la pequeña escalera de entrada al Foyer. Ambos momentos separados por años, se juntan hoy en mi escritura. En esa imagen del encuentro rápido, fugaz pero inolvidable en una escalera. Mmm... curioso: las escaleras volvieron en mis sueños, caí en la cuenta que es anagrama de mi nombre y del de mi madre.
A principio de los sesenta viajé a París con una beca de la Embajada de Francia para tomar cursos en la Catho. Sabía del Foyer y recién llegada... extranjera en París...allí fui y allí la reencontré. Yo iba a estrenar París haciendo el curso de verano para extranjeros. Cálida y atenta a los detalles, Sor Renée se aseguró que tuviese lo necesario para esos primeros pasos. La vi poco, el curso fue intenso, duró un mes. Luego yo partí hacia Toulouse que era donde estudiaría con los beneficios de la beca.
Pasaron cuatro años. Volví a París. Iba a proseguir mis estudios un par de años más. Esta vez yo fui a su encuentro. Quería saber de su vida y de su “obra” mejor sería decir de su “obrar”. Iba a disponer de tiempo para encontrarla y conversar. En esos dos años parisinos la descubrí en su actividad cotidiana. ¿Cómo decirla?
Era un estilo de vida, su vivir cotidiano, su fe encarnada allí en disponibilidad a esa diversidad de encuentros con estudiantes extranjeros en problemas. Ella encontraba los más diversos recursos para responder y ayudarlos a calmar sus angustias de mil maneras: problemas de papeles, de alojamiento, de convivencia, de soledad, de trabajo, de dinero, y de amores también, claro. Era lo opuesto a una ayuda burocrática. Era atención singular a ese otro u otra, que con su dificultad, llegaba al Foyer. Quien subía esa escalerita y abría la puerta, lo primero que encontraba era una sonrisa. Una hermana.
Me llamaban la atención su serenidad y buen humor. Su entrega cordial producía efectos en ese enjambre humano que se acercaba pidiendo ayuda y encontraba mucho más que eso: encontraba un Foyer (*hogar), calidez que hacía posible establecer nuevos vínculos y soluciones. El que llegaba extranjero se transformaba en compañero.
La quise y la admiré. Supe que también estaba la otra cara de su don. Apreciada por muchos, no todos ni todas, entendían su opción de vida, poco “religiosa” para su época. Ella logró defenderla e hizo respetar lo que entendía como su auténtica vocación: la de una atenta y singular manera de ayudar a resolver los problemas del extranjero. Como una hermana.
Un buen día, a fines del 66, cuando le comentaba de mi pronto retorno a Uruguay, me interrumpió y, con énfasis, declaró que no podía regresar a Montevideo sin conocer los Países Bajos. Sin más, ese fin de semana salimos en su auto, que gustaba manejar, rumbo a Holanda. Inolvidable despedida.
Después de mi retorno al “paisito”, no nos volvimos a ver. Su recuerdo es imborrable.
18 / Carmen Boix de Bourel
Ex-alumna del Liceo Santo Domingo y ex-alumna de la Catho, MONTEVIDEO, Marzo de 2026
Sor Renée, una mujer y monja extraordinaria, tenía un don para acoger a los demás. Con amor por la vida, nos ofrecía consejos que nos ayudaban a superar las dificultades, nutriéndonos con la energía vital que sabía compartir.
Como estudiante del Liceo Santo Domingo, tuve el privilegio de asistir a sus clases de Matemáticas y Cosmografía. Ella tomó la iniciativa de acoger la Acción Católica y los Cine-Forums. Impulsaba de forma independiente cualquier actividad que pudiera acercarnos, en resumen, fomentar las relaciones fraternales.
Al partir hacia París, Francia, para ampliar sus estudios de canto gregoriano, continuó por este mismo camino. Conociendo las necesidades de los estudiantes, creó un espacio: el “Hogar Internacional del Instituto Católico”. Inicialmente, organizó encuentros en una bodega donde nos recibía. Más tarde, consiguió una sala donde celebraba reuniones, celebraba cumpleaños, recibía a los recién llegados y organizaba excursiones. No había requisitos religiosos ni nacionales para participar. Siempre dispuesta a escucharnos, siempre que era posible, y a ayudarnos a encontrar trabajo y vivienda. Fomentó una relación que nos ayudó a afrontar mejor las dificultades que afrontábamos.
Gracias, querida Sor Renée, por este maravilloso legado que me has dejado.
19 / Olga Fonbellida
Ex-alumna española de la Catho, SANTANDER (España), Octubre de 2025
Mis vivencias en el Foyer están ligadas siempre a Sor Renée. Ella era el alma del Foyer para todos los que pasábamos por él. Para mí como para tantos otros era nuestra casa en París. Allí encontrábamos el calor que necesitábamos. Allí cambiábamos impresiones sobre las clases, etc. Para mí, era mi mamá francesa ¡se reía mucho cuando la llamaba así! Allí compartíamos las excursiones por París. Allí conocí todos los uruguayos que tú me mencionas.
No olvidaré jamás el día que se compró el coche y me hizo madrina del bautizo (foto). Me puso un sombrero y unas flores en la mano, y ¡a volar!

(...) Tengo recuerdos de coger el teléfono en nuestra antigua casa cuando Sor Renée llamaba, recuerdo la alegría que le daba a mi mamá cuando le avisaba de que era ella. Aunque no la llegué a conocer, sé que su presencia en la vida de mi madre fue muy positiva, y eso es algo que se podía percibir y transmitir. Es una sensación poco común pero imborrable de recuerdos de juventud. Me alegra que mi madre, que ya ha cumplido 85 años y está delicada de salud, pueda rememorar estos recuerdos.
20 / Danielle Amiot de Riboira
Ex-alumna francesa de la Catho, MONTEVIDEO, 4 de Febrero de 2026
El Hogar Internacional del Instituto Católico, era un refugio para los estudiantes extranjeros que iban a cursar allí. Eramos recibidos con una cálida bienvenida y nos sentíamos transformados por la hospitalidad de Sor Renée y las soluciones que ella encontraba para cada cual.
Como estudiante francesa que vivía con mi familia en París, no tenía los mismos problemas ni necesidades que la mayoría de mis amigos en el Foyer.
Estudiaba en la Facultad de Derecho y, entre mis clases y los compromisos que tenía con el Grupo Católico creado por nuestro capellán, el Padre Jean Marc Chauveau, me sentí inmediatamente atraída por Sor Renée, a quien veía a diario realizando una labor enorme: estando disponible para todos, como si fueran los únicos, animando a los deprimidos, sonriendo y manteniéndose siempre alegre, buscando trabajos esporádicos para complementar sus becas o simplemente ¡para vivir!
Escuchar, que era primordial, estar atenta a cualquier solicitud de apoyo moral o espiritual, organizar reuniones, visitas, excursiones y actividades recreativas, ofrecer asesoramiento sobre trámites administrativos, y también hacer las compras y la comida -a veces compartida-, mantener el Foyer acogedor e impecable (¡siempre había un pequeño ramo de flores!), a pesar de todas las reuniones diarias que se celebraban allí.
También tenía su vida religiosa, a la que dedicaba momentos de oración y reflexión. ¿Pero, quién se ocupaba de ella? Contaba con algunos “pilares” en los que podía apoyarse: algunos estudiantes y los dos capellanes, el Padre Guido Kreinbhul y luego el Padre Bernard Prunet- Foch que se turnaron para acompañarla; pero su pilar principal era su fe en la Providencia. La sostenía esa fe cuando enfrentaba situaciones difíciles, y siempre lograba resolver el problema, aliviar las tensiones, reconciliar y brindar felicidad.
¡Nunca fue conformista! Se contentaba con lo que la vida le daba. Trabajaba duro y era muy rigurosa. Los estudiantes la hicieron suya, una especie de talismán que cada uno honraba a su manera. Su humor aliviaba las situaciones difíciles. La acompañé en varios viajes que hizo para conocer a las familias de los estudiantes del Foyer.
Conocí a mi esposo, Alfredo Riboira, uruguayo, en el Foyer. Mantuvimos una estrecha relación con ella y compartimos el agotamiento de sus últimos momentos. La acompañamos a Albi, donde descansa entre sus Hermanas.
Mucho antes de que nos instaláramos en Montevideo, mi esposo deseaba que se reconociera el valor de la labor de Sor Renée. Ella ya había recibido la Medalla "Vermeil" de la Ciudad de París por su trabajo en favor de los estudiantes extranjeros, y había sido nombrada Secretaria Técnica de la delegación uruguaya ante la UNESCO por su asistencia a estudiantes extranjeros, en particular a uruguayos.
Se puso en contacto con su amigo, Charles H. Dufour, Secretario General de la Gran Cancillería de la Legión de Honor, para informarse sobre el proceso de concesión de la medalla. Su amigo le puso el ejemplo de una monja que, como enfermera, había realizado una labor extraordinaria cuidando a enfermos, discapacitados, ancianos, personas desfavorecidas e inmigrantes, sin importar sus circunstancias o creencias, y que en 1983 había sido considerada merecedora de la Legión de Honor.
A mi esposo le pareció que lo mismo podría aplicarse a Sor Renée, quien había consagrado su vocación a servir a jóvenes estudiantes extranjeros. Ellos llegaban desorientados, a menudo con dificultades en esa gran ciudad, sin conocer a nadie, sin amistad, sin contacto humano, sin apoyo ni aliento, a pesar de su entusiasmo por estudiar allí y de sus grandes esperanzas para el futuro. Lejos de sus familias, el Foyer era su hogar, la esencia misma de la misión que se había fijado la Hermana Renée, brindándoles el apoyo moral y material que necesitaban.
Lamentablemente, poco después de nuestra llegada a Montevideo en diciembre de 2019, mi esposo enfermó y falleció en mayo de 2021 a causa de una trombosis pulmonar. No pude continuar con su proyecto, ¡pero la idea quedó en marcha!...
Para honrar a nuestra querida Sor Renée, me dediqué a crear un documento que presentara su vida, basado en testimonios de su familia, su Congregación, sus amigos y los estudiantes que frecuentaban el Foyer. El resultado superó nuestras expectativas, recibimos muchísimos testimonios de las personas que pudimos contactar, demostrando el reconocimiento de todos por el carácter excepcional de su vida y de su obra.
¿Qué nos aportó la Hermana Renée? Siempre decía: "¡La vida es bella!", y siempre retendré: ¡creer en la Providencia!
Gracias, Sor Renée, por esta confianza en la vida que fue tu enseñanza.
21 / Celica CALLEROS
Ex-alumna del Liceo Santo Domingo, MONTEVIDEO, 5 de marzo de 2026
Marzo de 1954: Inicio de clases en el Colegio Santo Domingo de Montevideo, 4to. año. Una de las asignaturas del programa era Cosmografía. ¿Quién era nuestra profesora? ¡ Sor Renée!
Era muy amable ¡aunque no éramos las mejores estudiantes! A nuestra edad, la asignatura no nos interesaba mucho. Preferíamos mucho más las enseñanzas fuera del horario escolar. Sor Renée se esforzaba por cultivar otros intereses en sus alumnos, tanto sociales como espirituales. Sus palabras nos conmovieron profundamente.
Fundó el Cine-Forum. Quería modernizar la educación y prepararnos para una vida que cambiaba rápidamente. Que este pequeño testimonio sea una muestra de gratitud por todo lo que hizo por nosotros.
22 / Rosario Gauthier de Vivo
Amiga de Sor Renée, MONTEVIDEO, Marzo de 2026
Desde mi infancia, oí a menudo a mi madre y a mis tías hablar de Sor Renée, ya que habían sido sus alumnas en el Liceo Santo Domingo, dirigido por las Hermanas Domínicas de Albi. Mi madre, en particular, tuvo la oportunidad de mantener el contacto con Sor Renée durante sus viajes a París con mi padre.
Así fue como me formé la imagen de una monja sumamente inteligente y segura de sí misma, rebosante de alegría y con una actitud positiva ante los retos de la vida. Compaginaba sus clases de Matemáticas y Cosmografía, con su papel de mentora equilibrada y empática, atrayendo a jóvenes y mayores a su círculo de amigos.
Mi padre también compartía anécdotas sobre Sor Renée, a quien había conocido en Francia durante sus estudios y exámenes en París, mientras trabajaba en Air France. Junto a ella, mi padre celebró muchos cumpleaños en solitario, compartiendo alegrías y tristezas mientras disfrutaban de los caracoles, un manjar que ambos apreciaban.
La vi en Montevideo durante sus viajes para visitar a su querida familia y a sus Hermanas de la orden religiosa, pero fue a los 16 años cuando realmente la conocí. Me cautivó de inmediato; compartía, comprendía y, tras unos breves intercambios, ofrecía consejos precisos acompañados de apoyo inmediato. Escuchaba a los jóvenes del Hogar Internacional, así como a diplomáticos, políticos y líderes religiosos. Fomentaba encuentros y diálogo sin importar nacionalidades ni creencias, rechazando las actitudes hipócritas y negándose a ser manipulada.
Unos años más tarde, tuve el privilegio de convertirme en profesora de Matemáticas en su querido Liceo Santo Domingo. Como dijo mi madre durante el homenaje a Sor Renée tras su fallecimiento: "Veía a Jesús en los demás y consideraba su labor de amor fraterno la mejor manera de vivir su fe" (*citado en PRENSA, artículo de Luisa Tarabal: "Ante el fallecimiento de Sor Renée") Así dejó un testimonio de amor a todos los que tuvieron la dicha de conocerla.
23 / Yvonne Tarabal
Amiga de Sor Renée, ROMA (Italia), Marzo de 2026
Me llamo Yvonne Tarabal y soy tía de Rosario Gauthier de Vivo. Soy ex-funcionaria del Ministerio de Asuntos Exteriores de Francia (Quai d'Orsay) y vivo en Roma, pero alrededor de la década de 1960 fui estudiante becada en París y tuve la oportunidad de conocer a Sor Renée y pasar mucho tiempo con ella. Guardo un recuerdo muy grato de ella, especialmente de su cálida bienvenida cuando, recién llegada a París, llegué al Foyer Internacional, que ella dirigía con mano firme en el Instituto Católico y que era un punto de encuentro para estudiantes de todo el mundo.
Sor Renée siempre estaba dispuesta a recibir a un grupo diverso de personas que buscaban un momento de amistad y compañerismo, y constantemente ofrecía consejos invaluables. Organizaba excursiones fuera de París que reunían a personas de todos los orígenes, y brindaba oportunidades para intercambios socioculturales sumamente enriquecedores.
En resumen, era una persona excepcional, increíblemente generosa, una verdadera cristiana que vivió plenamente su fe, esperanza y caridad, y que siempre permanecerá en nuestros corazones.
24 / Yves TABIN
Ex-alumno suizo de la Catho, SION (Suiza), 29 de Abril de 2026
Sor Renée... ¡Ese nombre me trae hermosos recuerdos!
En 1962, tenía veinte años y acababa de llegar a París desde Suiza para estudiar Filosofía. Ansioso por descubrir mi nuevo entorno, exploré el Instituto Católico. Tras subir la escalera D, en una esquina del gran patio central, entré en una habitación estrecha, llena de conversaciones y adornada con innumerables carteles, banderines e insignias. Era el Foyer Internacional, justo lo que un inmigrante como yo necesitaba. Y allí, para mi sorpresa, sentada a la izquierda de la entrada, una majestuosa monja sonriente: ¡Sor Renée!
El amplio hábito domínico le confería un aire majestuoso a su corpulencia. También añadía un toque acogedor a ese mundo, por lo demás austero, del clero. Sor Renée aportaba, sobre todo, su bondad, su alegría y su espíritu jovial, todo ello con un encantador acento uruguayo. Inmediatamente me sentí a gusto en su presencia.
Para nosotros, los estudiantes, de todos los orígenes y lenguas, era una figura materna acogedora, dinámica y siempre cariñosa. Pronto, sus otros fieles se convirtieron en amigos. Entre clases, nos reuníamos en ese oasis. El Foyer era nuestro espacio común, nuestro centro de actividad, nuestro punto de partida para ir al restaurante universitario, Le Mabillon. Charlábamos alegremente tomando café, cantábamos y reíamos, algunos incluso iniciaron romances. Sor Renée era el ángel guardián de nuestros juegos y el hada protectora de este hogar acogedor.
Un día, ya no recuerdo por qué milagro, Sor Renée recibió un Renault 4L. ¡Qué suerte! Lo bautizamos Valentine con gran pompa. Al volante, recorrí París de punta a punta. Sor Renée me lo prestaba sin dudarlo, pues lo compartía todo y confiaba plenamente en nosotros. La generosidad le brotaba a raudales.
Sor Renée tenía mil trucos secretos para sacarnos de los atolladeros burocráticos. Un día, pensando que estaba gastando una broma inocente, le añadí un bigote a la foto de una estudiante hispanoparlante. Era su tarjeta de acceso al Mabillon, preciosa pieza fundamental muy difícil de conseguir. Sin embargo, yo ignoraba que la tarjeta era un engaño escabroso. Sor Renée la había falsificado, alterando el nombre de la destinataria, su foto y los sellos oficiales. Ya no recuerdo si Sor Renée pudo restablecer el engaño que el bigote había puesto en peligro. En aquella ocasión descubrí que esta monja santa y traviesa no se detenía ante nada para ayudar a los demás.
Me fui de París dos años después y nunca volví a ver a Sor Renée. Pero ella sigue ocupando un lugar en mi corazón tan inmenso como ella misma, entre los felices recuerdos de mi vida parisina. Es imposible olvidar a una madre abadesa así. Después de más de sesenta años, me alegra que se le rinda homenaje. Sor Renée...: un océano inagotable de bondad, un faro inquebrantable en las turbulentas costas de nuestra juventud, un sol que siempre brilla con fuerza en nuestra memoria. Para mí, ella sigue siendo el alma secreta del Instituto Católico de antaño.
25 / Yves le Bouder
Ex-alumno francés de la Catho, Mayo de 2026
¡Cuántos recuerdos! El Foyer fue toda mi "grande infancia" en el Instituto Católico de París... Los encuentros, la labor de "nuestra" Sor Renée, la acogida de los argentinos, los peruanos...
Un momento... ¡qué digo!? años inolvidables. Especialmente la sala donde Sor Renée nos recibía cada día: lugar de encuentros y de la vida cotidiana.
26 / Dolly Franchi
Ex-alumna del Liceo Santo Domingo y ex-alumna uruguaya de la Catho, MONTEVIDEO, Mayo de 2026
Si bien Sor Renée era muy cercana y atenta con sus alumnos, también podía ser exigente en clase, pero de una manera diferente: si alguien no entendía algo, le ayudaba a razonar o ¡nos mandaba a observar el cielo! Claro que, en aquellos tiempos, en una gran ciudad con edificios altos, ¡no era fácil observar y comprender los movimientos celestes!
Además de la enseñanza, Sor Renée tocaba el armonio y nos enseñaba canto gregoriano. La liturgia era completamente en latín, y las monjas recitaban las oraciones según las horas del día. Cuando el convento de Santo Domingo se amplió con una sala de reuniones que también funcionaba como cine, Sor Renée propuso organizar un tertulia cinematográfica para los alumnos mayores, e invitó al matrimonio Benia a dirigirla. El objetivo, en general, era enseñarnos a analizar, interpretar y observar una fotografía, a estudiar la evolución del tema, la época y el mensaje de la película. Eran tertulias muy interesantes e instructivas para nosotros.
Cuando el gobierno francés firmó un acuerdo con las instituciones francesas en Uruguay, que cubría todos los estudios de francés para los ex-alumnos, incluyendo viajes de estudio y el viaje de regreso en barco a Uruguay (el viaje de ida corría a cargo de las familias), Sor Renée los recibía en el Foyer Internacional que había fundado en el Instituto Católico de París. Este Foyer permitía a los recién llegados descubrir su nuevo entorno y facilitaba su integración en los estudios y entre los demás estudiantes.
En 1959, tres compañeros y yo, recibimos becas para estudiar en el Instituto Católico de París durante julio y agosto (las vacaciones de verano en el hemisferio norte). Nos alojamos con las Hermanas Domínicas en la calle Gral. Foy, donde vivía Sor Renée. Estudiantes de otros países acudían al Foyer y, por primera vez, me sentí ciudadana del mundo. Vimos rostros de todos los orígenes y colores, y vestimenta típica de cada país. Recuerdo a una compañera alta y muy guapa que vestía el traje tradicional de su país, y tenía una marca en forma de lágrima en la frente, como una lágrima roja. La llamábamos "Pequeña Lágrima". Era de la India.
Estos recuerdos me conmueven profundamente y no dejo de agradecer a Dios por haberlos vivido. Hoy, desde la distancia, espero y estoy segura de que Sor Renée descansa con Dios Padre y Jesús en el Cielo. Hasta que nos volvamos a encontrar en el Cielo, Sor Renée, con todo mi cariño, tu ex alumna, Dolly Franchi.
27 / Sor Alice Murail, Sor Suzanne Caizergues y Sor Geneviève de Sant André
Hermanas de la Comunidad de Albi, Congregación Domínica de Santa Catalina de Siena, ex alumnas francesas de la Catho, Albi (Francia), Mayo de 2026
Conocimos a Sor Renée Mangarelli entre los años 1969 y 1980 en París, en el contexto eclesial post-Vaticano II. Era una época muy agitada, de mucho movimiento a nivel religioso, en la que las hermanas jóvenes nos planteábamos muchas preguntas sobre la manera de vivir la vida religiosa, a la luz de los movimientos sociales. En 1968, hubo esta revolución estudiantil que rápidamente se extendió a otros grupos, los obreros en particular. Estábamos muy movilizadas en esta búsqueda de una vida religiosa en coherencia con las orientaciones del Concilio.
| Jardín del Convento en Albi |
Ciertamente, pidió permiso a la Congregación, y hay que destacar muy positivamente que la Congregación aceptó esta experiencia, dándole mucha confianza y sabiendo que ella no volvería cotidianamente a su Comunidad. Sor Renée, tenía pues ese lazo tenue con la Comunidad, y esto nos llamaba la atención. Tenía además un estatus diplomático particular, con insignias que la distinguían de manera especial.
Sor Renée era una persona muy generosa, abierta y acogedora, fácilmente sensibilizada por las situaciones muy complicadas y duras que enfrentaban los estudiantes. El Foyer era bonito y ella se esmeraba para hacer de este lugar un ambiente acogedor y agradable, propicio al descanso y la paz. Pasaba sus días acogiendo a los jóvenes, buscando cómo ayudarlos a encontrar soluciones a sus problemas, escuchándolos horas enteras. También se esmeraba en organizar excursiones para ellos en lugares hermosos alrededor de París, incluso hasta el Atlántico.
Si tu pasabas por París, te invitaba a comer en la minúscula sala contigua al Foyer, que servía de comedor. Ponía especial atención en preparar una hermosa mesa, con mantel, cubiertos bonitos, muy buena comida. Era su manera de vivir la fraternidad y hacer sentir que la persona recibida era importante para ella.
Nos enseñó justamente la importancia de los gestos calurosos y empáticos. Había a su alrededor una atmósfera de libertad, de respeto y de amor.
Creo que podemos decir que consagró sus últimos 34 años a que los extranjeros, sus queridos hermanos y hermanas, pudieran experimentar la bondad de Dios a través de la suya propia. Y por eso, por el magnífico testimonio que nos ha dejado, damos gracias.
28 / Jean Pierre Hoby
Ex-alumno suizo de la Catho, LUCERNA (Suiza), 20 de Mayo de 2026
Este Foyer había sido creado por Sor Renée, quien lo dirigía con una dedicación admirable. Era una monja más bien robusta, con una cordialidad y una alegría de vivir extraordinarias. Para ella, la hospitalidad no era una obligación, sino una actitud natural. Sabía escuchar, reír, animar y acercar a las personas. Con su pequeño Renault 4L, recorría Francia incansablemente y a veces incluso venía a nuestra casa en Suiza. Rebosaba energía e iniciativa y poseía ese raro talento para conectar a las personas más dispares.
Para mí personalmente, Sor Renée se convirtió en una de las figuras más importantes de mi juventud. Atravesaba un periodo de gran incertidumbre interior. Por un lado, me sentía atado al deseo de mi padre de que estudiara Teología y tal vez convertirme en sacerdote. Por otro, me sentía profundamente atraído por la vida, por los seres humanos y también por el amor a las mujeres. Me costaba imaginar una vida de celibato y dudaba entre proyectos de vida muy diferentes: entre vocación espiritual y amor terrenal, entre una búsqueda teológica y el anhelo de otro camino, más abierto.
Durante ese tiempo, pasaba largas horas en el Hogar Internacional. A menudo tenía largas conversaciones con Sor Renée. A ella podía contarle todo. Nunca juzgaba, nunca intentaba influir. Simplemente escuchaba, con una atención y una comprensión que me resultaron invaluables. Cuando ya no sabía cómo seguir adelante, cuando estaba perdido en mis pensamientos, cuando me sentía solo o triste, acudía a ella. Siempre tenía una palabra amable, una buena idea, una posible salida del punto muerto.
Por lo tanto, no es de extrañar que Sor
Renée se convirtiera en un refugio para mí, un puerto seguro y, en cierto modo,
una presencia maternal lejos de mi ciudad natal. Creo que muchos estudiantes
sintieron algo similar. Sor Renée sabía acoger a personas como yo en sus
incertidumbres, sin pretender moldearlas ni dirigirlas. Es precisamente así, que transmitía una sensación de seguridad y confianza.
Incluso muchos años después de su muerte, su presencia permanece muy viva en mi memoria. Algunas personas no dejan huella en los demás por sus grandes discursos ni acciones espectaculares, sino por la forma en que van a su encuentro. Para mí, Sor Renée pertenecía a ese selecto grupo.
29 / Nivia Pintos
Ex-estudiante uruguaya en París, amiga de Sor Renée, MONTEVIDEO, Diciembre de 1963
¡Este testimonio es bastante singular! Encontramos recientemente un recorte de periódico en el que una profesora uruguaya de Química, relata sus experiencias profesionales tras sus estudios en Uruguay y en París, en el marco de una beca del gobierno francés.
Durante esta beca, frecuentó el Museo de Ciencias Naturales, el Centro Nacional de Investigación Científica y participó en una misión científica francesa en el Centro de Investigaciones del Sahara en Béni Abbès (Argelia).
A su regreso, escribió varios artículos sobre su experiencia en el desierto, que fueron publicados en el periódico EL DIA.
Durante su estancia en París en 1963, tuvo la oportunidad de conocer a Sor Renée y frecuentar el Foyer Internacional.
Nos fue imposible localizar a Nivia, pero agregamos aquí su breve pero excelente dedicatoria, manuscrita sobre el artículo que le envió a Sor Renée:
"A Sor Renée, la mujer más extraordinaria que he conocido en Europa. París, 7 de Diciembre de 1963."
(Fuente: Diario EL DIA, Noviembre de 1963)
30 / Marie Thérèse Mijoule
Ex-alumna francesa de la Catho, TARBES (Francia), 27 de Julio de 2026
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| Marie Thérèse Mijoule, a la derecha |
Tras escucharlo, acepté inmediatamente, y enseguida conocimos a un estudiante suizo-alemán. Este encuentro fue el preludio de posteriores visitas familiares a ambos países, con repercusiones -contactos de amigo a amigo- que perduran hasta hoy, más de 55 años después.
Tuve algunas conversaciones con Sor Renée, quien me explicó entre otras
cosas, los problemas que afrontaban las jóvenes "au pair" (*niñeras) que sufrían
insinuaciones más o menos explícitas por parte del padre de la familia anfitriona, y tenían que marcharse sin previo aviso, quedando sin alojamiento ni apoyo.
Le propuse entonces, de acoger a víctimas de estas situaciones, como medida de
emergencia. Afortunadamente, ésto no ocurrió con mucha frecuencia. Pero es un
problema que seguramente persiste, incluso en la era del "Me Too", y que debe
abordarse en el ámbito estudiantil.
Por lo demás, como no estuve mucho tiempo en la Catho, no viví mucho la vida del Foyer Internacional, pero agradecí la cálida bienvenida y la disponibilidad de Sor Renée, y mantuve amistades duraderas con algunos de sus más fieles seguidores.

















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